Dans une opération conjointe sans précédent, l’armée américaine a neutralisé Hector Rusthenford Guerrero Flores, connu sous le nom de Niño Guerrero, chef du gang criminel Tren de Aragua. Cette action, qui a eu lieu dans le sud du Venezuela, marque un tournant dans la coopération entre Washington et Caracas, qui s’est intensifiée ces derniers mois.
EN BREF
- Niño Guerrero, chef du Tren de Aragua, a été tué lors d’une opération conjointe.
- Les États-Unis et le Venezuela renforcent leur coopération depuis la capture de Nicolas Maduro.
- Le gang Tren de Aragua est considéré comme une organisation terroriste par Washington.
La mort de Niño Guerrero a été annoncée le 12 juin par Donald Trump, qui a précisé que l’opération avait été réalisée en étroite collaboration avec le gouvernement vénézuélien. Selon un communiqué du ministère vénézuélien des Communications, des « structures du crime organisé » ont été démantelées lors de confrontations avec les forces de sécurité.
Le Tren de Aragua, qui a vu le jour en 2014 dans l’État d’Aragua, est désormais reconnu comme une organisation criminelle transnationale ayant des ramifications dans plusieurs pays d’Amérique du Sud. Une récompense de cinq millions de dollars avait été offerte par le département d’État américain pour toute information menant à l’arrestation de Guerrero, qui était accusé d’actes de terrorisme et de violence.
Donald Trump a qualifié l’opération d’une « frappe rapide et létale ». Il a également publié une vidéo montrant l’explosion d’un bâtiment, soulignant l’ampleur de l’action. « Les terroristes du Tren de Aragua n’ont plus de refuge au Venezuela ni ailleurs », a-t-il affirmé, marquant ainsi une nouvelle étape dans la lutte contre le crime organisé.
Un gang aux multiples activités criminelles
Le Tren de Aragua est connu pour ses activités variées, allant de la traite d’êtres humains aux enlèvements, en passant par le trafic de drogue et l’extorsion. Guerrero a été décrit comme le cerveau derrière l’évolution de cette organisation, qui est passée d’un simple gang de prisonniers à une entité criminelle redoutée à l’échelle internationale.
Des rapports ont également mis en lumière les conditions de vie à l’intérieur des prisons vénézuéliennes, notamment celle de Tocorón, où Guerrero aurait exercé une influence considérable. Sous son règne, cette prison est devenue un lieu de divertissement, avec un zoo et d’autres installations, soulignant l’ampleur du contrôle qu’il avait sur les opérations du gang.
Un rapprochement entre Washington et Caracas
La neutralisation de Niño Guerrero s’inscrit dans un contexte plus large de rapprochement diplomatique entre les États-Unis et le Venezuela. Depuis la capture de Nicolas Maduro en janvier, les deux pays ont renoué le dialogue, rompant une période de tensions qui avait débuté en 2019. Les États-Unis sont en train de réactiver leur ambassade à Caracas et ont commencé à assouplir certaines sanctions contre le pays, notamment dans le secteur des hydrocarbures.
Ce changement de politique pourrait faciliter la reprise d’activités économiques dans un pays qui possède les plus grandes réserves de pétrole du monde. Les nouvelles lois sur les hydrocarbures adoptées par le gouvernement vénézuélien visent à attirer des investissements privés, un signal fort de l’évolution des relations bilatérales.
En somme, la mort de Niño Guerrero et la dynamique actuelle entre Washington et Caracas soulignent une période charnière pour le Venezuela, où le gouvernement tente de reprendre le contrôle sur des gangs criminels tout en naviguant dans un paysage politique et économique en mutation.