L’accord américain avec l’Iran : une menace pour la sécurité d’Israël

Dans la nuit de dimanche à lundi, les États-Unis et l’Iran ont surpris le monde en annonçant un cadre d’accord censé mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient. Ce projet, qui sera signé vendredi à Genève, a été perçu comme une menace majeure par le gouvernement israélien. Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a immédiatement réagi en affirmant que les troupes israéliennes resteraient en position au Liban, en Syrie et à Gaza pour une durée indéterminée.

EN BREF

  • Les États-Unis et l’Iran annoncent un accord de paix au Moyen-Orient.
  • Israël exprime des inquiétudes majeures sur la sécurité nationale.
  • Benyamin Netanyahou face à un revers diplomatique significatif.

Les détails de cet accord, bien que partiellement divulgués par la presse iranienne, suscitent des inquiétudes à Tel-Aviv. Laure Foucher, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique, n’hésite pas à qualifier cet accord de « catastrophe pour Israël ». Selon elle, l’État hébreu espérait éviter toute liaison entre l’Iran et le Liban afin de conserver une plus grande liberté d’action. Cependant, l’accord inclut un cessez-le-feu dans le sud du Liban, une zone où l’armée israélienne mène actuellement des opérations contre le Hezbollah.

Ce nouvel accord ouvre également une phase diplomatique de 60 jours pour traiter des questions critiques, telles que le programme nucléaire iranien et la levée progressive des sanctions américaines. Ces sujets, qui demeurent flous, sont source d’inquiétude pour Israël. Laure Foucher souligne que « l’accord est très général, il ne cadre pas beaucoup de points, ne règle pas la question du nucléaire, n’aborde pas les missiles ni les groupes terroristes alignés sur l’Iran ».

Une information relayée par l’agence de presse iranienne Mehr évoque la libération de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés. Jean de Gliniasty, directeur de recherches à l’IRIS, met en garde : « Ce déblocage d’avoirs va renforcer le Hezbollah et les Houthis. » Plus alarmant encore, selon Mehr, les États-Unis s’engageraient à ne pas déclencher de nouvelles guerres ni mener d’opérations militaires, engagement qui, selon les critiques, impliquerait Israël sans sa participation aux négociations.

Ce tournant dans la politique américaine semble également marquer un changement significatif dans la relation entre les États-Unis et Israël. Jean de Gliniasty explique que « jusqu’à présent, la logique des États-Unis était de détruire et d’imposer le désarmement par la force. Maintenant, l’Amérique négocie avec un pays qui prône la destruction d’Israël ». Cette nouvelle dynamique a relégué Benyamin Netanyahou au second plan, alors même que les États-Unis continuent d’être le principal soutien d’Israël.

Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale israélien, a été encore plus franc en déclarant que « l’accord de Trump ne nous engage pas… nous ne faisons pas partie de cet accord ». Néanmoins, la marge de manœuvre pour Tel-Aviv reste limitée. Jean de Gliniasty prévoit un arrêt des bombardements israéliens, mais les troupes ne se retireront pas du sud du Liban.

Pour Laure Foucher, cet accord représente également un échec personnel pour Benyamin Netanyahou, qui prépare sa réélection. Elle conclut que le Premier ministre ne sera pas jugé sur ses objectifs, qui trouvent un écho chez l’opposition, mais bien sur ses échecs diplomatiques.