Assa Traoré victime d’un photomontage raciste et d’une infox sur sa candidature

La militante Assa Traoré, connue pour son engagement antiraciste et sa lutte pour la justice suite à la mort de son frère Adama, fait l’objet d’une campagne de désinformation sur les réseaux sociaux. Un photomontage raciste, qui exagère visiblement ses cheveux, accompagne une fausse annonce de candidature à la présidentielle de 2027.

EN BREF

  • Assa Traoré ciblée par un photomontage raciste sur les réseaux sociaux.
  • Le montage est accompagné d’une fausse annonce de candidature à la présidentielle.
  • Son avocat confirme l’absence de toute déclaration officielle à ce sujet.

Ce phénomène illustre une fois de plus la discrimination dont sont victimes les personnes noires, à laquelle la chanteuse Solange Knowles avait déjà fait écho dans son titre emblématique « Don’t touch my hair ». Dans le cas d’Assa Traoré, le photomontage déformé de sa chevelure a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, où il a généré plus de 13 700 commentaires en l’espace de trois jours.

Les commentaires témoignent d’une intolérance et d’une vulgarité préoccupantes. Certains internautes ont comparé sa coiffure à un « plumeau » ou à un « balai », tandis que d’autres ont même assimilé son apparence à celle d’un « dogue du Tibet » – une race canine. Il est à noter que quelques utilisateurs se sont interrogés sur l’authenticité de l’image, se demandant si elle avait été modifiée par des outils d’intelligence artificielle.

En parallèle de ce photomontage raciste, une infox circule également, affirmant qu’Assa Traoré annoncerait sa candidature pour la présidentielle de 2027. Or, après vérifications, aucun élément ne corroborant cette information n’a été trouvé. L’avocat de la militante, Maître Yassine Bouzrou, a confirmé qu’Assa Traoré n’avait jamais fait de telles annonces.

Bien qu’Assa Traoré n’ait pas été candidate à une élection jusqu’à présent, son engagement politique a été visible lors des dernières élections municipales, où plusieurs membres du « comité Adama », dont elle fait partie, ont été candidats sur des listes soutenues par La France Insoumise (LFI). Son intervention dans certains meetings a également été notable.

Récemment, Assa Traoré a déposé plusieurs plaintes, dont l’une visait un homme travaillant pour un député du Rassemblement National. Ce dernier avait dénigré non seulement la chevelure de la militante, mais également celle de son frère Adama, décédé tragiquement en 2016 après son interpellation par des gendarmes. La décision de la Cour de cassation ayant confirmé le non-lieu en faveur des gendarmes a également ravivé les tensions autour de cette affaire.

Ce cas rappelle l’importance d’une vigilance accrue face à la désinformation et à la stigmatisation dont certaines figures publiques peuvent être la cible. Dans un contexte où les luttes pour la justice et l’égalité restent au cœur des débats sociétaux, il est crucial de dénoncer les manipulations qui visent à discréditer ceux qui se battent pour leurs droits.