Le 16 juin dernier, François Bayrou, ancien ministre et figure politique française, a été l’invité de l’émission C à vous. Lors de cet entretien, il a abordé l’affaire Bétharram, un dossier sensible impliquant des accusations de violences physiques et d’abus sexuels sur des élèves au sein de l’établissement Notre-Dame de Bétharram, désormais connu sous le nom de Le Beau Rameau, situé dans les Pyrénées-Atlantiques. Les allégations touchent non seulement des membres du clergé, mais également des enseignants et des encadrants de l’établissement.
EN BREF
- François Bayrou a exprimé son émotion sur l’affaire Bétharram en direct à la télévision.
- Il a évoqué son rôle supposé dans l’affaire, révélée par Mediapart, lors d’une interview.
- Bayrou a souligné les effets dévastateurs sur les victimes rencontrées, témoignant de leur souffrance.
L’affaire Bétharram a pris de l’ampleur en février 2025 lorsque Mediapart a révélé que François Bayrou aurait intervenu en 1996 auprès d’un juge d’instruction en faveur de l’établissement et de l’un de ses responsables, le père Carricart. Cette révélation a ravivé des controverses et des débats autour de la gestion de l’affaire, qui a abouti à l’adoption de la loi Bétharram en 2020, destinée à renforcer la protection des victimes.
Interrogé par la journaliste Anne-Élisabeth Lemoine, François Bayrou a reconnu que ce sujet était particulièrement délicat. « Bétharram, c’est un drame humain dans un petit collège et il y en a des dizaines comme ça », a-t-il déclaré, soulignant la gravité de la situation. Il a également mentionné le fait que son statut de Premier ministre à l’époque avait conduit à une focalisation médiatique sur l’affaire. « Un drame qui a abouti à une loi. Et, oui, la loi Bétharram votée à l’unanimité. On verra si ça change quelque chose », a-t-il ajouté, manifestement ému.
Au cours de l’entretien, la voix de François Bayrou a parfois tremblé alors qu’il parlait des victimes qu’il avait rencontrées. « Et donc, j’espère. Mais moi, j’ai passé des heures avec ces hommes. Car ce sont des garçons. Et j’ai vu leurs pleurs et leur souffrance », a-t-il confié, révélant l’impact émotionnel que ces échanges ont eu sur lui. Il a décrit les victimes comme des adultes marqués par des traumatismes d’enfance, évoquant des « petits garçons à l’intérieur » qui continuent de porter des blessures invisibles.
En abordant la dimension politique de l’affaire, Bayrou a évoqué une supposée « manipulation politique montée par LFI », insinuant que le traitement médiatique et parlementaire de l’affaire avait été influencé par des intérêts politiques. Il a également souligné les limites des commissions d’enquête parlementaires, déplorant leur incapacité à permettre aux accusés de se défendre adéquatement. « Une commission d’enquête parlementaire, c’est très bien pour approfondir un dossier. Ça a des pouvoirs qui sont considérables. Mais quand vous êtes accusé, vous ne pouvez pas vous défendre. Vous n’avez pas d’avocat », a-t-il regretté.
Cette intervention de François Bayrou dans C à vous montre à quel point l’affaire Bétharram continue d’éveiller des émotions fortes et des réflexions sur la protection des victimes ainsi que sur la responsabilité des institutions. Alors que le débat public autour des abus sexuels dans les établissements scolaires se poursuit, les mots de Bayrou rappellent que derrière chaque affaire se cachent des histoires humaines tragiques et souvent laissées dans l’ombre.