Impact de la guerre en Iran sur la croissance mondiale et la France

À l’aube d’un potentiel accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, les conséquences économiques de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël suscitent des préoccupations croissantes. Les estimations des retombées sur la croissance mondiale et sur l’économie française varient, mais les effets sont indéniables.

EN BREF

  • La guerre en Iran pourrait réduire la croissance mondiale de 0,1 à 1,5 point de pourcentage.
  • La France pourrait perdre entre 2 et 13 milliards d’euros en 2026 à cause du conflit.
  • Les pays en développement, notamment en Afrique, subissent des impacts économiques dramatiques.

Thierry Breton, ancien commissaire européen, a souligné l’ampleur des effets de ce conflit sur l’économie mondiale. Selon ses propos, la guerre aurait déjà causé une perte de 0,8 à 0,9 % de la croissance mondiale. Cependant, cette estimation semble excessive comparée à celles d’autres institutions économiques. La Banque mondiale, par exemple, estime que la croissance mondiale pourrait n’être affectée que d’un recul de 0,1 point de pourcentage.

En janvier 2026, la Banque mondiale prévoyait une croissance stable à 2,6 % pour cette année, mais une révision en juin a abaissé cette prévision à 2,5 %. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) est un peu plus pessimiste, avec une estimation d’une baisse de 0,3 point de pourcentage de la croissance, anticipant ainsi une croissance de 3,1 % en 2026, contre 3,4 % sans la guerre.

Les projections économiques sont variées. Le Global Peace Index, qui évalue l’impact économique des conflits, envisage deux scénarios : si le détroit d’Ormuz rouvre après quatre mois de fermeture, la croissance mondiale pourrait reculer de 0,6 point. En revanche, si le conflit se prolonge avec une fermeture prolongée, la chute pourrait atteindre 1,5 point, ce qui représenterait un coût économique colossal, allant de 1 000 à 3 000 milliards d’euros.

Sur le plan national, la Banque de France a révisé ses prévisions de croissance pour la France, initialement évaluées à 1 % pour 2026, puis à 0,9 %, et finalement abaissées à 0,5 %. Cette réduction de moitié des prévisions indique clairement que la guerre en Iran a des répercussions directes sur l’économie française.

Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a toutefois rassuré en affirmant que la France ne s’acheminait pas vers une récession imminente, malgré un environnement international très incertain. Les prévisions ne tiennent pas compte de l’éventualité d’un accord de paix entre Washington et Téhéran, annoncé récemment.

De plus, le gouvernement français et la Commission européenne anticipent une baisse plus modérée de 0,1 point de pourcentage. En termes de PIB, cela pourrait équivaloir à une perte économique de 2 à 13 milliards d’euros pour 2026, selon les calculs basés sur les chiffres de 2025.

Les répercussions de ce conflit ne se limitent pas à la France. Thierry Breton a également mis en lumière l’impact dévastateur sur les pays en voie de développement, en particulier en Afrique, où la hausse des prix de l’énergie et l’inflation exacerbent les difficultés économiques déjà présentes. Des pays comme le Soudan, Madagascar, le Tchad et le Yémen sont particulièrement vulnérables à cette situation.

En résumé, même si les estimations de la guerre en Iran sur la croissance mondiale varient selon les institutions, il est clair que les effets négatifs sont ressentis à la fois localement en France et dans le reste du monde, avec un impact particulièrement dramatique sur les pays les plus fragiles économiquement.