Alors que la signature officielle du protocole d’accord sur la paix au Moyen-Orient était prévue en Suisse ce vendredi 19 juin, les négociations entre l’Iran et les États-Unis ont été reportées. Cette annonce, faite par le gouvernement suisse peu après l’annulation du déplacement du vice-président américain JD Vance, s’inscrit dans un contexte où Donald Trump considère l’obtention d’un « deal » comme une preuve de sa victoire.
EN BREF
- Les négociations entre l’Iran et les États-Unis sont reportées.
- Trump affirme que son pouvoir n’a pas de limites après le conflit.
- Des critiques internes émergent au sein du camp républicain sur l’accord.
Dans un entretien avec Axios, le président américain a admis avoir négocié cet accord pour prévenir une guerre qui aurait pu entraîner une crise économique mondiale. Interrogé sur la perception de son pouvoir dans ce contexte, il a déclaré : « Il n’a pas de limites ». Trump a également souligné que les États-Unis avaient « totalement vaincu » l’Iran militairement, qualifiant le mémorandum d’entente de « capitulation sans condition » de la part de Téhéran.
Le président a mis en avant la force militaire des États-Unis, illustrant son propos en mentionnant le blocus naval qu’il a instauré : « Qui d’autre aurait pu mettre en place un blocus pareil ? J’ai instauré un blocus naval où aucun navire n’a pu passer. » Une façon pour lui de revendiquer la puissance américaine dans ce conflit.
En réponse aux critiques de ceux qui lui reprochent de ne pas avoir été plus agressif envers l’Iran, Trump a déclaré : « Le seul moyen d’être plus dur, c’est d’y aller pendant deux ou trois semaines de plus et de continuer à les bombarder sans relâche. Mais à quoi ça nous aurait servi ? Le détroit d’Ormuz serait resté fermé. » Il a ensuite évoqué les conséquences économiques désastreuses que cela aurait engendré, affirmant que cela aurait pu provoquer une dépression mondiale.
Cependant, l’accord ne fait pas l’unanimité au sein de son propre camp. Le sénateur Bill Cassidy, qui a perdu lors des primaires face à un candidat soutenu par Trump, a critiqué cet accord sur X, soulignant qu’il envoie un signal de faiblesse. Selon lui, les ambitions nucléaires de l’Iran ne sont pas freinées et ils ont compris l’efficacité de menacer le détroit d’Ormuz. Il a déclaré : « Grâce à cet accord, l’Iran peut désormais construire des infrastructures flambant neuves. »
De son côté, le sénateur Ted Cruz a également exprimé ses réserves, affirmant que le président recevait probablement de « très mauvais conseils » concernant cet accord. Il a rappelé que l’Histoire montre que donner des milliards de dollars à des théocrates fanatiques est une mauvaise idée.
Enfin, le sénateur Thom Tillis a mis en évidence le coût humain et financier de la guerre contre l’Iran, soulignant qu’environ 100 milliards de dollars ont été dépensés, avec 13 morts et 365 blessés. « Il faut absolument un retour sur investissement », a-t-il insisté, remettant en question l’efficacité des décisions prises.
Les déclarations de Trump et les critiques internes au parti républicain révèlent des tensions croissantes autour de la gestion de la crise iranienne et des implications d’un accord controversé. La situation demeure délicate, tant pour le président que pour les membres de son parti qui doivent naviguer entre la défense de leurs choix politiques et l’opinion publique.