Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, ont annoncé des sanctions à la suite des dysfonctionnements ayant conduit à la mort de la jeune Lyhanna. Ce lundi 22 juin, ils ont réagi à la remise d’un rapport d’enquête administrative qui met en lumière des défaillances notables dans le traitement de la plainte déposée contre Jérôme Barella, accusé du meurtre de la collégienne.
EN BREF
- Deux gendarmes sanctionnés par mutation d’office.
- Une procédure disciplinaire visant un substitut du parquet d’Auch.
- Des erreurs dans la gestion de la plainte soulignées par le rapport gouvernemental.
Laurent Nuñez a précisé dans un communiqué qu’il avait ordonné la mutation d’office de deux gendarmes, le directeur d’enquête et le commandant de compagnie de Condom, en raison de leur implication dans cette affaire. Ces derniers seront placés dans des fonctions ne relevant pas de la police judiciaire. Parallèlement, Gérald Darmanin a annoncé l’ouverture d’une procédure disciplinaire à l’encontre d’un substitut du parquet d’Auch.
Le rapport met en exergue une série de défaillances dans la prise en charge de la plainte déposée le 14 février, mettant en avant la lenteur et l’inefficacité qui ont marqué le traitement de ce dossier. Laurent Nuñez a souligné qu’il y avait eu un manque de discernement, malgré les multiples appels à l’aide de la mère de la victime. « Les mécanismes de contrôle et de priorisation de ce dossier se sont alors avérés défaillants », a-t-il noté.
Lors d’une intervention au Journal Télévisé de TF1, Gérald Darmanin a confirmé la mise en place d’une enquête administrative dont les résultats devraient être connus avant la fin de l’été. Cette enquête pourrait conduire à des sanctions supplémentaires si des erreurs individuelles sont confirmées. En attendant, le magistrat concerné a été suspendu de son habilitation à traiter des affaires impliquant des mineurs.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a également pris la parole via un message sur les réseaux sociaux, soulignant que le rapport ne relevait pas simplement d’un dysfonctionnement administratif. Il a mentionné que, bien que les premiers actes d’enquête aient été réalisés efficacement, la suite a été marquée par des erreurs et des négligences à divers niveaux de la chaîne judiciaire.
Pour remédier à ces défaillances, Lecornu a annoncé plusieurs mesures. Il propose de rendre obligatoires les actes d’enquête dans les trois mois suivant une plainte pour viol sur mineur. Il souhaite également garantir aux parents une information claire sur l’identité des adultes en charge de leurs enfants dans le cadre des activités périscolaires. Enfin, il plaide pour que les violeurs en série de mineurs soient condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.
Ces annonces s’inscrivent dans un contexte plus large de réexamen de 70 000 plaintes, afin de prévenir de telles tragédies à l’avenir. Le gouvernement semble déterminé à agir pour restaurer la confiance dans le système judiciaire et garantir la protection des mineurs.