La situation du Planning familial devient de plus en plus préoccupante. Depuis plusieurs années, cette structure met en garde contre ses difficultés financières, mais les conséquences des récentes coupes budgétaires commencent à se faire ressentir directement sur le terrain. En 2025, neuf de ses associations départementales ont déjà été privées d’une partie de leurs subventions, selon les informations rapportées par France Info.
EN BREF
- Le Planning familial de Gironde risque la fermeture après la suppression d’une subvention.
- Les Pays de la Loire sont particulièrement touchés, avec une réduction de 30% des financements.
- L’éducation à la vie sexuelle, principale activité menacée, pourrait subir de lourdes conséquences.
Récemment, le Planning familial de Gironde a écrit à la ministre de la santé pour l’alerter d’un risque de disparition. La suppression d’une subvention de l’agence régionale de santé (ARS) a été jugée catastrophique, car elle représente un tiers de son budget. Annoncée le 17 juin, cette décision pourrait entraîner la suppression de quatre postes sur un total de 7,4 équivalents temps plein, a déclaré la directrice de l’antenne girondine, Marie-Liesse Montes.
Les Pays de la Loire sont les plus affectés par ces coupes. Sandrine Mansour, cheffe de file régionale du Planning, a exprimé son inquiétude : « Avec la perspective des élections en 2027, nous savions que nous entrerions dans une période difficile, mais nous ne nous attendions pas à une telle violence, pas aussi tôt ». Cette région a subi une réduction de 30% de ses financements, ce qui remet en question l’avenir de nombreux postes.
Conséquences sur l’éducation à la vie sexuelle
L’éducation sexuelle, pourtant cruciale, est particulièrement menacée par ces coupes budgétaires. Sandrine Mansour a mis en lumière qu’un projet unique en France, le programme régional « Trois réseaux », est sur le point de disparaître. Ce programme permettait d’intervenir dans des lycées et des maisons familiales rurales, en mobilisant successivement le Planning familial, les centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) et Solidarités Femmes. Les retours des élèves témoignent de l’impact positif de ces interventions, qui ont permis à certains de prendre conscience des violences dont ils étaient victimes.
Le nouveau programme sur la vie affective, relationnelle et sexuelle, en vigueur depuis la rentrée 2025, prévoit au moins trois séances annuelles spécifiques obligatoires. Toutefois, sans l’intervention gratuite du Planning familial, les enseignants pourraient se retrouver démunis, contraints de dispenser seuls cet enseignement. Jusqu’à présent, les interventions étaient financées régionalement, mais l’association est désormais contrainte de les facturer aux lycées.
En réponse à cette situation, l’Éducation nationale a décidé de former des enseignants, désignant des référents au sein de chaque établissement. Cependant, ce dispositif ne satisfait pas les associations du secteur, qui craignent une dégradation de la qualité de l’éducation sexuelle dispensée aux élèves.
Face à ces coupes budgétaires, le Planning familial se trouve à un tournant décisif. La survie de ses actions, notamment en matière d’éducation à la vie sexuelle, est en jeu. La mobilisation des acteurs de la santé et de l’éducation sera essentielle pour éviter que des services vitaux ne disparaissent, et pour garantir un accès à une éducation sexuelle de qualité pour tous les jeunes.