Chaque année, des millions de personnes sont touchées par des maladies d’origine alimentaire, un fléau mondial qui ne cesse de croître. Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 866 millions de personnes tombent malades après avoir consommé des aliments contaminés, et environ 1,5 million d’entre elles en meurent. Ce constat a été rendu public à l’occasion de la journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments, célébrée le 7 juin.
EN BREF
- 1,5 million de décès annuels dus à des aliments contaminés, selon l’OMS.
- Les jeunes enfants, représentant 9 % de la population mondiale, concentrent un tiers des cas.
- Les pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est sont les plus touchés par ces maladies.
Les causes de ces maladies sont variées : bactéries, virus, parasites, mais également des substances chimiques nocives telles que le plomb et l’arsenic. Bien que les infections d’origine biologique soient en grande partie responsables des cas de maladies, les contaminants chimiques entraînent près des trois quarts des décès, principalement en raison de leur lien avec des maladies cardiovasculaires et des cancers.
Les jeunes enfants sont particulièrement affectés par cette problématique. Bien qu’ils ne représentent qu’un faible pourcentage de la population mondiale, ils subissent un impact disproportionné, avec près d’un tiers des cas de maladies d’origine alimentaire. Les maladies diarrhéiques, en particulier, peuvent s’avérer mortelles pour cette tranche d’âge.
Il est important de noter que les régions du monde ne sont pas toutes touchées de la même manière. L’Afrique et l’Asie du Sud-Est comptent près des trois quarts des cas de maladies d’origine alimentaire et 60 % des décès. Ces disparités sont souvent dues à un accès limité à l’eau potable, à des infrastructures sanitaires adéquates et à des systèmes de contrôle alimentaire efficaces.
Les conséquences économiques de ces maladies ne sont pas négligeables. En 2021, les maladies d’origine alimentaire ont entraîné des pertes de productivité estimées à 647 milliards de dollars, dues à l’absentéisme lié à la maladie. L’OMS a souligné l’urgence de cette situation en déclarant que ce rapport sert à la fois de signal d’alarme et de feuille de route pour les actions à venir.
Yuki Minato, responsable technique de l’OMS pour la sécurité alimentaire, a précisé : « Les données montrent que ces maladies sont non seulement persistantes, mais qu’elles sont aggravées par le changement climatique et la résistance aux antimicrobiens, rendant ainsi les infections plus difficiles à traiter. Nous ne pouvons pas faire face à ces menaces seuls. »
En réponse à cette crise, l’OMS appelle à un renforcement de la surveillance et à une meilleure coopération entre les secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’environnement. Cela inclut une vigilance accrue sur les contaminants tels que le cadmium et les métaux lourds, qui continuent de poser un risque pour la santé publique.
La question demeure : que peut-on encore consommer sans craindre pour sa santé ? La recherche de solutions durables et efficaces pour garantir la sécurité alimentaire est plus que jamais essentielle.