La ville de Brest, jusqu’alors la dernière grande agglomération française à ne pas disposer d’une police municipale, a franchi une étape décisive. Le conseil municipal, réuni vendredi, a approuvé la création de cette force de sécurité, un engagement de campagne du maire Stéphane Roudaut, élu en mars dernier.
EN BREF
- Brest devient la dernière grande ville française à établir une police municipale.
- 150 agents seront recrutés d’ici 2032, avec un budget annuel de 7 millions d’euros.
- Des oppositions se font entendre, notamment de la part de LFI et des écologistes.
Lors de la séance, le maire a souligné la rapidité avec laquelle cette décision a été prise. « J’ai pris l’engagement d’aller vite sur la création d’une police municipale. Aujourd’hui, trois mois après notre prise de fonction, trois mois seulement, nous allons le concrétiser. Engagement pris, engagement tenu », a déclaré Stéphane Roudaut.
La nouvelle police municipale, qui comptera 150 agents d’ici à 2032, est prévue pour être armée. Le coût estimé de son fonctionnement s’élève à environ 7 millions d’euros par an. Le maire a également indiqué que la ville avait reçu de nombreuses candidatures de policiers municipaux déjà en poste ailleurs en France. « Les policiers municipaux à Brest arriveront le plus rapidement possible », a-t-il ajouté.
Brest, deuxième ville de Bretagne, était jusqu’à présent la dernière agglomération de plus de 100 000 habitants en France à fonctionner sans police municipale. Son prédécesseur, François Cuillandre, maire socialiste de 2001 à 2026, avait longtemps été opposé à cette création. Ce dernier a cependant changé de position durant la campagne des élections municipales, ouvrant la voie à cette nouvelle initiative.
La décision de créer une police municipale n’a pas fait l’unanimité au sein du conseil municipal. Les élus de La France insoumise (LFI), les écologistes et les communistes se sont opposés au projet. Cécile Beaudouin, élue insoumise, a notamment dénoncé le coût de cette police, affirmant que « les 7 millions que vous prenez pour la police municipale vont manquer cruellement ». Elle a suggéré que ces fonds auraient dû être redirigés vers des priorités telles que la santé mentale, les violences sexuelles et conjugales, ou encore la construction de logements d’urgence.
Glen Dissaux, un élu écologiste favorable à la création de la police municipale, a quant à lui critiqué un projet qu’il juge « mal calibré », craignant qu’il ne limite les possibilités d’investissements dans d’autres domaines essentiels.
La mise en place de cette police municipale sera partiellement financée par l’État et le conseil départemental du Finistère, à hauteur de 2 millions d’euros. Par ailleurs, la ville prévoit également d’installer une centaine de nouveaux points de caméras de vidéosurveillance pour renforcer la sécurité sur son territoire.
Ce développement marque un tournant significatif dans la politique de sécurité de la ville, qui s’engage à répondre aux préoccupations de ses habitants tout en suscitant des débats sur l’allocation des ressources publiques.