La France traverse actuellement une vague de chaleur intense, qui impacte même les établissements de santé. Célia, 34 ans, et Romain, 37 ans, en ont fait l’amère expérience lors de la naissance de leur premier enfant, Ezio, le 20 juin dernier à la maternité des Bluets, située dans le 12e arrondissement de Paris.
EN BREF
- Des parents témoignent des conditions insupportables à la maternité des Bluets.
- La chaleur dans les chambres atteint des niveaux critiques, sans ventilation adéquate.
- Le personnel médical, débordé, peine à répondre aux demandes des familles.
Leur arrivée à la maternité s’est initialement déroulée sans encombre, mais ils ont rapidement réalisé que les conditions de séjour allaient être difficiles. Célia avait déjà des appréhensions concernant la chaleur, ayant eu vent des fortes températures deux semaines avant son accouchement. Lors de leur dernier rendez-vous médical, on leur avait promis, avec un peu de chance, un ventilateur pour leur chambre.
« Pour moi, il était inconcevable d’héberger des nourrissons dans un environnement où la température dépasse les 35 °C », déclare Romain. Malheureusement, cette prémonition s’est avérée juste. Après un accouchement dans une salle de naissance relativement tempérée, le couple a été transféré dans une chambre au troisième étage. C’est là qu’ils ont découvert l’ampleur du problème.
La chambre, exposée au soleil, était insupportable. « Il faisait 35 °C, c’était irrespirable », se souvient Romain. À leur arrivée, une auxiliaire de vie leur a annoncé qu’il n’y avait probablement pas de ventilateur disponible. Face à cette situation, Célia a demandé à son partenaire de partir à la recherche d’un ventilateur dans Paris. Romain a finalement réussi à en trouver un, mais cela n’a pas suffi à rendre la chambre habitable.
« J’étais épuisée après un long travail et il était impératif que les conditions soient décentes pour l’allaitement », ajoute Célia, consciente de la vulnérabilité de son nouveau-né face à la chaleur. Les parents ont alors sollicité l’aide du personnel, mais leurs demandes ont souvent été rencontrées avec frustration. « Tout le monde semblait à bout, incapable d’apporter des solutions », explique Romain.
La maternité ne permet pas l’installation de climatisation ou de volets, en raison de la protection du bâtiment. Pour tenter de surmonter la chaleur, Romain devait faire des allers-retours vers la seule fontaine d’eau fraîche, souvent en attendant en file d’attente. « C’était comme un camp de réfugiés, nous avons passé des nuits d’enfer dans un cadre inadapté », raconte-t-il.
Finalement, après plusieurs nuits difficiles, le couple a pris la décision d’écourter leur séjour et de rentrer chez eux. « Quand nous sommes partis, une infirmière a semblé déçue de notre départ, car nous avions besoin du ventilateur. Cela témoigne de la détresse du personnel », se remémore Romain.
Le couple a été informé que le personnel avait tenté de faire remonter la situation à la direction, mais sans succès. Ils ont été incités à écrire un courrier pour faire part de leur expérience. « C’est incroyable qu’une maternité qui se dit “ami des bébés” puisse connaître de telles conditions », s’indigne Célia.
Les jeunes parents s’apprêtent à rédiger ce courrier, conscients que leur histoire ne doit pas se perdre. « Ces moments précieux ont été altérés par une expérience traumatisante », conclut Célia, visiblement marquée par ce qu’ils ont vécu.
Contactée par 20 Minutes, la maternité des Bluets n’a pas encore répondu aux demandes de précisions concernant cette situation alarmante.