Alors que la canicule commence à s’apaiser, les conséquences sur la santé publique demeurent préoccupantes. Santé Publique France a enregistré, depuis mercredi, environ 1 000 décès supplémentaires par rapport aux mois précédents. Ce bilan, qui pourrait encore s’alourdir, s’accompagne d’une saturation des services funéraires, confrontés à un afflux de décès, principalement parmi les personnes âgées vivant seules.
EN BREF
- Environ 1 000 décès supplémentaires liés à la canicule selon Santé Publique France.
- Les funérariums parisiens débordent, entraînant des conditions de prise en charge difficiles.
- Les employés des pompes funèbres travaillent sans relâche pour faire face à l’afflux.
Ce week-end, Matignon a averti que les effets sanitaires de la canicule, bien qu’en recul, continueraient de se faire sentir pendant plusieurs jours. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a estimé que « probablement » la surmortalité ne serait pas aussi élevée qu’en 2003, où 15 000 décès avaient été enregistrés. Cette amélioration est attribuée à une meilleure organisation des EHPAD. Cependant, il est important de noter que 85 % des décès surviennent chez des personnes de plus de 65 ans, souvent isolées à domicile.
Face à cette situation, le secteur funéraire se trouve dans l’urgence. « On travaille jour et nuit », déclare un employé de pompes funèbres à Paris. Le téléphone ne cesse de sonner, et Véronique Bertrand, au bout du fil, s’efforce de réconforter les familles en deuil. La saturation des funérariums est telle qu’elle doit parfois chercher des places à plus de 100 km du lieu du décès. Sinon, elle doit recourir à des mises en bière immédiates, plaçant les défunts dans des cercueils à domicile pour des raisons d’hygiène. Cette méthode, certes nécessaire, pose un véritable dilemme pour les familles, qui ne pourront plus revoir leurs proches après cette étape.
Zouhaier Hertelli, responsable du funérarium de Paris-Orly, souligne la difficulté de la situation. Son établissement étant complet, il a dû refuser 150 corps durant le week-end. Pour augmenter sa capacité d’accueil, il a sollicité la préfecture afin d’obtenir des conteneurs frigorifiques. Malheureusement, il attend toujours une réponse, ce qui complique davantage la gestion de cette crise.
La situation actuelle met en lumière des défis logistiques considérables pour le secteur funéraire. Les employés, souvent en première ligne, font face à des conditions de travail éprouvantes, tout en essayant de respecter la dignité des défunts et des familles. Alors que la canicule touche à sa fin, les répercussions sanitaires et sociales continuent de se faire ressentir, laissant présager des semaines difficiles pour le secteur de la santé et des pompes funèbres.
Les événements récents rappellent l’importance d’une préparation adéquate pour faire face à de telles crises. Les leçons tirées de cette canicule devraient inciter à une réflexion approfondie sur la gestion des situations d’urgence, tant au niveau des infrastructures de santé que des services funéraires.