Depuis le début de la canicule en mai, un jeune Parisien de 14 ans, connu sous le nom de « Hamza la douane », s’est fait remarquer sur les réseaux sociaux. Son activité principale : arroser les passants au canal Saint-Martin et participer à des batailles de pistolets à eau, même avec la police. Cependant, ces comportements, jugés par certains comme de simples facéties, suscitent un débat important parmi les professionnels de l’éducation.
EN BREF
- Hamza la douane s’illustre par ses frasques au canal Saint-Martin.
- Des éducateurs s’inquiètent des conséquences de son traitement médiatique.
- Un appel à la responsabilité des parents et de la société face à cette starification.
Hamza la douane s’est forgé une réputation sur les réseaux sociaux, se vantant d’actions provocatrices telles que pousser une femme dans l’eau ou voler dans des magasins. Sa réputation a été renforcée par des vidéos où il interagit avec le public, mais cette notoriété entraîne également des conséquences juridiques. Le jeune homme a déjà reçu une amende pour « baignade interdite », avant que le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, ne l’autorise à se baigner dans ce secteur.
Interrogé par BFMTV, Hamza se décrit comme un enfant de cœur, affirmant que « certaines personnes sont contentes d’être mouillées » et qu’il est apprécié dans son quartier. Il insiste sur le fait qu’il ne cherche qu’à faire rire les gens. Pourtant, cette image légère est loin de plaire à tout le monde.
Fatima Aït-Bounoua, enseignante et chroniqueuse sur RMC Story, exprime son exaspération face au traitement médiatique de ces actes. Elle déclare : « Le traitement médiatique de ce garçon est catastrophique. Vous en avez un pour l’instant, vous allez en avoir dix en donnant l’idée à d’autres ados de devenir connus. » Cette déclaration souligne la crainte que de tels comportements puissent inspirer d’autres jeunes à adopter des actions similaires pour attirer l’attention.
Aït-Bounoua insiste sur la nécessité de fixer des limites aux adolescents. Pour elle, les réactions des adultes face aux frasques d’Hamza montrent une certaine démunie. « D’autres minimisent comme si c’était juste un jeu, mais pousser une femme dans l’eau n’est pas anodin, » ajoute-t-elle. Elle souligne également que de nombreux jeunes présentent des comportements bien plus préoccupants, indiquant qu’Hamza n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.
Abel Boyi, éducateur, aborde la question d’une manière encore plus critique. Selon lui, les actions d’Hamza et la tolérance apparente de son père révèlent un changement de paradigme dans l’éducation. « Beaucoup de jeunes sont prêts à faire n’importe quoi pour être connus, » constate-t-il, en faisant référence à l’influence des réseaux sociaux sur la jeunesse. Boyi souligne que, dans le passé, un tel comportement aurait été inacceptable et aurait entraîné des sanctions parentales.
Il met en garde contre la starification des adolescents, une tendance qui, selon lui, corrompt les valeurs éducatives. « Les réseaux sociaux sont en train de corrompre certains parents, » affirme-t-il. Pour lui, il est essentiel d’agir rapidement pour éviter que des comportements délinquants ne deviennent la norme. « Hamza la douane, ce n’est pas Al Capone, mais il faut anticiper l’après. Pousser quelqu’un dans l’eau ou voler des boissons dans un café, c’est de la délinquance, » conclut-il.
La question qui se pose désormais est celle de la responsabilité des parents et de la société face à ce phénomène grandissant. Alors que les réseaux sociaux continuent de façonner la perception des jeunes, il est impératif d’engager un dialogue sur l’éducation et les valeurs à transmettre aux nouvelles générations.