Dans ce troisième épisode du podcast « Profession profileuse », Audrey Renard nous plonge au cœur d’une affaire marquante : le meurtre d’Alexia Daval par son époux Jonathann en 2017. Ce récit captivant met en lumière les éléments qui ont conduit les enquêteurs à identifier rapidement le mari comme principal suspect.
EN BREF
- Jonathann Daval, principal suspect dans le meurtre de sa femme Alexia en 2017.
- Les enquêteurs ont observé des « gestes de réparation » sur le corps d’Alexia.
- Daval a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle après des aveux.
Les circonstances tragiques entourant la mort d’Alexia Daval ont suscité une onde de choc en France. En novembre 2017, des milliers de personnes participaient à une marche blanche en son honneur, tandis que son mari, Jonathann, apparaissait à la télévision, affichant un visage éploré et décrivant sa femme comme son « oxygène ». Pourtant, derrière cette façade de douleur, les enquêteurs avaient déjà des doutes sur son innocence.
Audrey Renard, profileuse et intervenante dans le podcast, souligne que des indices troublants apparaissent dès la découverte du corps. « Ce qui nous saute aux yeux, ce sont les précautions qui ont pu être prises pour disposer le corps d’Alexia Daval », précise-t-elle. En effet, le corps était soigneusement positionné, habillé, et recouvert d’un drap, avec les mains dans les poches et ses lunettes remises correctement sur son visage, malgré les blessures visibles. Ces détails ont intrigué les analystes comportementaux, qui y ont vu des « gestes de réparation », typiques de personnes ayant un lien émotionnel fort avec la victime.
Ces gestes, souvent caractéristiques des criminels proches de leur victime, ont permis aux enquêteurs de se concentrer sur Jonathann Daval. Alors qu’il est mis en garde à vue, il ne montre pas une fragilité apparente, ce qui surprend les enquêteurs. « Il ne craque pas rapidement », rapporte Audrey Renard. Ce comportement a conduit à une stratégie d’interrogation particulière, où les analystes se tiennent à distance pour éviter l’effet tunnel, qui pourrait fausser leur jugement.
Les auditions menées par les enquêteurs se sont révélées être un succès. Renard explique que cette approche a permis de « réarticuler en permanence la stratégie » d’interrogation, en fonction des réponses de Daval. Au final, l’angoisse et la pression accumulées conduisent Jonathann à avouer ce qu’il s’était passé ce jour-là. En 2020, il est condamné à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme.
Cette affaire tragique soulève des questions profondes sur la psychologie criminelle et les mécanismes de la mémoire et du deuil. Le podcast « Profession profileuse », produit par David Di Giacomo et Pierre de Cossette, offre un aperçu fascinant des méthodes d’investigation utilisées par les enquêteurs et l’impact émotionnel de ces affaires sur tous les acteurs impliqués.
Pour ceux qui souhaitent approfondir ce sujet, un livre intitulé Profileuse, coécrit par Audrey Renard et Christophe Dubois, est également disponible aux Éditions Albin Michel.
Ce récit, à la fois poignant et instructif, rappelle que derrière chaque affaire criminelle se cachent des histoires humaines complexes, marquées par la douleur, la trahison et la quête de vérité.