Audrey Renard, profileuse : plongée dans l’univers de l’analyse criminelle

Dans ce premier épisode de la série « Profession profileuse », Franceinfo vous invite à découvrir le parcours d’Audrey Renard, 45 ans, analyste comportementale et directrice du département des Sciences du Comportement de la gendarmerie nationale. Psychologue clinicienne de formation, spécialisée en criminologie, elle nous explique son travail unique, loin des clichés véhiculés par la fiction.

EN BREF

  • Audrey Renard, profileuse, aide les enquêteurs à comprendre les comportements criminels.
  • Elle analyse des scènes de crime et oriente les interrogatoires avec une approche psychologique.
  • Le métier, encore rare en France, se heurte parfois aux stéréotypes des séries télévisées.

Audrey Renard, profileuse, a trouvé sa vocation après avoir visionné un film des années 1970 sur le « Boucher de Hanovre », qui montrait un échange entre un tueur en série et son psychiatre. Aujourd’hui, elle se consacre à plonger dans l’esprit des suspects pour accompagner les enquêteurs de la gendarmerie.

Elle précise : « Un analyste comportemental, c’est quelqu’un qui va venir aider et soutenir les enquêteurs dans la compréhension d’un passage à l’acte criminel. » Ses missions se divisent en deux volets : analyser les scènes de crime et fournir un soutien psychologique lors des interrogatoires. « Nous orientons les questions à poser au suspect d’un point de vue psychologique », souligne-t-elle.

Bien que la série américaine « Mindhunter » ait popularisé ce métier, Audrey Renard avoue que son quotidien ne correspond pas totalement à cette représentation. « Cette série met en lumière les difficultés qu’ont eu les Américains à intégrer cette compétence dans leurs enquêtes », déclare-t-elle. En France, le département des sciences du comportement a vu le jour il y a 25 ans. Selon Audrey Renard, il a fallu du temps pour s’imposer dans un milieu judiciaire traditionnellement fermé.

Elle ajoute que « les films et les séries peuvent parfois nuire à notre image, car les enquêteurs pourraient croire que notre travail manque de sérieux. » Toutefois, elle estime avoir réussi à prouver l’importance de son rôle. « Amener de la psychologie dans l’enquête judiciaire n’a pas été une évidence, mais nous avons montré que cela avait du sens », explique-t-elle.

Audrey Renard insiste sur le caractère collaboratif de son travail. « On me demande souvent si je résous des enquêtes. Je ne résous aucune enquête, je participe à la résolution d’une enquête. » Sa dernière intervention a eu lieu dans une affaire où les enquêteurs savaient que les aveux du suspect seraient difficiles à obtenir en raison de sa personnalité et de ses antécédents judiciaires. Grâce à son intervention, les enquêteurs ont pu éviter que le suspect ne se mure dans le silence.

Contrairement à certaines représentations cinématographiques où le profileur interroge directement le criminel, Audrey Renard explique que son équipe a choisi d’autres méthodes pour soutenir les enquêteurs. « Nous avons décidé d’utiliser des approches différentes pour les interrogatoires », précise-t-elle. Certaines affaires la marquent particulièrement, comme celle du meurtre de la petite Océane, qu’elle évoquera dans le prochain épisode de « Profession profileuse ».

Ce podcast, narré par David Di Giacomo, permet d’explorer les défis et les réalités du métier de profileuse. La production, dirigée par David Di Giacomo et Pierre de Cossette, est disponible sur le site de Franceinfo, l’application Radio France, ainsi que sur des plateformes comme Apple Podcasts et Spotify. Un livre intitulé « Profileuse », coécrit par Audrey Renard et Christophe Dubois, est également publié aux Éditions Albin Michel.

En somme, le métier de profileuse, bien qu’encore peu connu, joue un rôle crucial dans les enquêtes criminelles, alliant psychologie et travail d’équipe pour déchiffrer les comportements humains à la lumière de la loi.