Une récente étude conjointe de l’Insee et de la Dares révèle que seulement 35 % des professions du secteur privé ont observé une amélioration de leur pouvoir d’achat entre 2019 et 2024. Cette période a été marquée par des événements significatifs, notamment la crise du Covid-19 et une inflation galopante.
EN BREF
- 35 % des professions ont vu leur pouvoir d’achat augmenter entre 2019 et 2024.
- Les secteurs de la santé ont enregistré les plus fortes hausses de rémunération.
- Les professions de l’information et de l’art ont subi une baisse significative.
En 2024, le salaire net moyen pour un emploi à temps plein était de 2 820 euros par mois, affichant une augmentation de 15,7 % par rapport à 2019. Cependant, après ajustement pour l’inflation, cette hausse se réduit à seulement 0,8 %. Les disparités entre les différents métiers sont frappantes.
Des inégalités marquées selon les professions
Les données montrent que les professions liées à l’information, à l’art et aux spectacles ont vu leur pouvoir d’achat diminuer de 7,1 % durant cette période. Les ingénieurs et les cadres techniques, quant à eux, ont connu une dégradation de 4,3 %. D’autres secteurs, tels que les professions administratives et commerciales, ont également vu leur pouvoir d’achat reculer, respectivement de 3,3 % et 2,9 %.
À l’opposé, des professions telles que celles de dentistes, psychologues et vétérinaires ont bénéficié d’une augmentation de 8,4 % de leur rémunération entre 2019 et 2021, malgré une perte de 2,8 % par la suite. Leur gain total sur la période reste néanmoins le plus élevé, à 5,7 %. Les médecins et pharmaciens, pour leur part, affichent un gain de 4,6 %.
Impact des mesures gouvernementales
La santé, en général, a vu son pouvoir d’achat progresser de 3,7 %, en partie grâce aux mesures du Ségur de la santé, instaurées en mai 2020 pour renforcer ce secteur crucial durant la crise sanitaire. Ce soutien a permis d’améliorer significativement les conditions de rémunération des professionnels de santé.
Il est intéressant de noter que le salaire en euros constants des employés et ouvriers, qui sont nombreux à être rémunérés autour du Smic, est resté quasi stable avec une légère baisse de 0,3 %. En revanche, les cadres et professions intermédiaires ont enregistré une diminution de 2 % de leur pouvoir d’achat.
Cette tendance s’explique par les écarts de salaire entre les nouveaux entrants et les sortants. Les sortants, souvent proches de la retraite, perçoivent généralement des rémunérations plus élevées que les jeunes entrants sur le marché du travail. Vladimir Passeron, chef du département de l’Emploi et des revenus d’activité de l’Insee, a souligné cette dynamique lors d’une présentation à la presse, mettant en lumière l’effet noria qui affecte particulièrement les cadres et professions intermédiaires.
La situation actuelle soulève des questions sur l’équité salariale et les perspectives d’avenir pour les différents métiers. Les résultats de cette étude devraient inciter à une réflexion plus profonde sur les enjeux de pouvoir d’achat et de rémunération dans le contexte économique actuel.