Ce samedi, à Persan et Beaumont-sur-Oise dans le Val-d’Oise, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées pour commémorer le dixième anniversaire de la mort d’Adama Traoré. Ce jeune homme noir, décédé à l’âge de 24 ans lors de son interpellation par des gendarmes, est devenu un symbole des luttes contre les violences policières en France. L’événement s’est tenu dans une atmosphère à la fois calme et festive, où les participants ont exprimé leur colère et leur détermination à obtenir justice.
EN BREF
- Des centaines de personnes manifestent pour le dixième anniversaire de la mort d’Adama Traoré.
- Sa sœur, Assa Traoré, dénonce l’impunité des gendarmes responsables.
- Les manifestants s’inquiètent d’une proposition de loi sur l’usage des armes par les forces de l’ordre.
Au cours de la marche d’une heure et demie, les manifestants ont scandé des slogans tels que « Justice pour Adama, on n’oublie pas » et « Pas de justice, pas de paix ». Ces mots résonnaient comme un appel à ne pas oublier les violences subies par plusieurs personnes lors d’interventions policières. La mémoire d’Adama Traoré se mêle ainsi à celle d’autres victimes, évoquées par les participants tout au long du parcours.
Devant la gendarmerie où son frère a perdu la vie le 19 juillet 2016, Assa Traoré a pris la parole pour dénoncer le non-lieu prononcé par la justice française. Elle a affirmé : « Nous connaissons tous la vérité. Nous savons que ces gendarmes sont responsables de la mort d’Adama Traoré ». Cette déclaration souligne le sentiment d’injustice qui habite sa famille et les soutiens qui se rassemblent autour de sa cause.
En janvier 2026, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu en faveur des gendarmes impliqués, une décision qui a été accueillie avec indignation par la famille Traoré. Assa Traoré a exprimé sa détermination à poursuivre le combat pour la justice, déclarant : « Nous avons pris dix ans et nous reprendrons dix ans encore pour mener d’autres luttes ». Elle est devenue l’une des figures emblématiques de la lutte contre les violences policières en France, mobilisant l’attention sur des cas similaires.
Ce rassemblement a également été marqué par des préoccupations concernant une proposition de loi des Républicains, visant à instaurer une présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre. Cette initiative a suscité une forte inquiétude parmi les manifestants, qui voient en elle une menace pour les droits fondamentaux. « Des Adama Traoré, il y en a encore ! Il y a eu des morts après Adama Traoré et il y aura encore des morts », a mis en garde Assa Traoré, soulignant la nécessité de rester vigilants face à des dérives potentielles.
Le député insoumis Éric Coquerel a également pris la parole, exhortant les participants à se mobiliser pour empêcher l’adoption de cette loi. Il a averti que si celle-ci était votée, « ce ne sont plus des dizaines de morts que nous allons pleurer, ce sont des centaines de morts ». Son discours a été applaudi par les manifestants, qui ont également révélé qu’une pétition contre cette proposition de loi avait déjà recueilli 150 000 signatures.
À l’issue de cette marche, les participants ont exprimé leur volonté de continuer à lutter pour une justice qui, pour beaucoup, semble encore lointaine. L’hommage à Adama Traoré ne se limite pas à un simple souvenir ; il incarne une revendication collective pour un changement durable dans les pratiques policières et un appel au respect des droits de tous les citoyens.