Le mouvement islamiste palestinien Hamas a franchi un cap décisif en annonçant, ce lundi 6 juillet, la dissolution de ses instances dirigeantes après près de 20 ans de pouvoir dans la bande de Gaza. Cette décision ouvre la voie à un nouveau comité, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), qui sera chargé de gérer le territoire.
EN BREF
- Le Hamas a dissout ses instances dirigeantes pour laisser place à un nouveau comité.
- Le NCAG, dirigé par Ali Shaath, prendra en charge la gestion quotidienne de Gaza.
- Cette initiative suit la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée en octobre 2023.
La démission de Mohammed al-Farra, président du comité d’urgence du gouvernement, a été confirmée par Ismaïl al-Thawabta, directeur des médias du Hamas. Ce dernier a expliqué que cette dissolution vise à faciliter la transition vers le NCAG, un organisme récemment établi lors des négociations de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, sous l’égide du président américain Donald Trump.
Ali Shaath, président du NCAG, a exprimé sa confiance dans la capacité de son comité à assumer ses responsabilités, à condition d’obtenir les ressources nécessaires. Sur le réseau social X, il a déclaré : « Nous sommes prêts à prendre en main la gestion de Gaza dès que les conditions le permettront. »
Cette décision du Hamas représente un tournant majeur pour le mouvement islamiste, qui a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007 à la suite d’affrontements avec le Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Depuis le début du conflit avec Israël, exacerbée par l’attaque du 7 octobre 2023, le Hamas a exprimé sa volonté de céder le pouvoir au profit d’une direction palestinienne alternative.
Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a souligné l’importance de cette nouvelle orientation, affirmant que la dissolution des instances dirigeantes vise à priver Israël de tout prétexte pour mener des agressions. « Nous espérons que le NCAG pourra s’installer rapidement et que le Hamas transférera ses responsabilités pour garantir le succès de cette initiative », a-t-il ajouté.
Toutefois, des incertitudes demeurent quant à la mise en œuvre de cette transition. Le désarmement du Hamas reste un point de friction majeur, le mouvement islamiste affirmant qu’il ne cédera ses armes que dans le cadre d’une initiative politique plus large, ce qui est rejeté par Israël. Cette situation complexe souligne la fragilité de l’équilibre politique dans la région et les défis auxquels fait face le nouveau comité.
Alors que la bande de Gaza se trouve à un tournant, cette initiative pourrait redéfinir les relations entre les différents acteurs palestiniens et ouvrir la voie à de nouvelles dynamiques politiques. Le succès du NCAG dépendra de sa capacité à rassembler un soutien large et à répondre aux attentes des Gazaouis dans un contexte de crise humanitaire persistante.