Cédric Jubillar avoue avoir tué Delphine : un possible complice évoqué

Le dossier Jubillar a récemment pris un tournant inattendu. Après des années de dénégation, Cédric Jubillar a reconnu avoir tué son épouse, Delphine Jubillar, infirmière disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Ces aveux, révélés par son nouvel avocat, Me Pierre Debuisson, se sont matérialisés dans un courrier manuscrit remis à ce dernier. Cédric Jubillar, déjà condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025, devait être rejugé en appel à partir du 21 septembre prochain à Toulouse.

EN BREF

  • Cédric Jubillar admet avoir tué Delphine, mais nie l’homicide prémédité.
  • Une autre personne aurait potentiellement aidé à déplacer le corps.
  • Les parties civiles restent prudentes face à ces nouvelles révélations.

Me Debuisson, lors d’une conférence de presse le 6 juillet, a expliqué avoir renforcé la confiance avec son client, qu’il décrit comme affaibli. « Il m’a dit ‘Maître, il faut que je vous dise la vérité. C’est moi' », a-t-il rapporté. Cette admission a été faite après une période de silence prolongé de la part de Cédric Jubillar. D’après l’avocat, le drame se serait produit dans un contexte de tensions conjugales, après une énième dispute. Bien que Jubillar reconnaisse être à l’origine de la mort de Delphine, il conteste la notion d’homicide prémédité, se qualifiant même d’« acte passionnel », une interprétation jugée inacceptable par les familles civiles.

Un des points les plus préoccupants reste la localisation du corps de Delphine, jamais retrouvé malgré des recherches intensives. Selon Me Debuisson, Cédric Jubillar aurait affirmé avoir déplacé le corps de son épouse avec sa voiture, la Peugeot 207 bleue, mentionnée à de multiples reprises durant l’enquête. L’avocat a précisé que Jubillar aurait pris cette décision pour protéger ses enfants. « Il ne voulait pas qu’ils découvrent cela », a-t-il ajouté.

Une autre révélation soulève des interrogations : Cédric Jubillar n’aurait pas agi seul dans le déplacement du corps. Son avocat a évoqué l’intervention d’un complice, sans pour autant donner plus de précisions. « Il a pris la décision de déplacer le corps… mais réserve des détails à la justice », a déclaré Me Debuisson. Cette affirmation pourrait avoir des conséquences significatives sur le déroulement de l’affaire.

Du côté des parties civiles, les réactions sont empreintes de prudence. Me Laurent De Caunes, représentant les frères et la sœur de Delphine, a souligné que l’importance réside dans ce que Cédric Jubillar dira devant la justice. De son côté, Me Mourad Battikh, défenseur de plusieurs membres de la famille Aussaguel, a dénoncé la stratégie de défense qui tente de présenter les faits sous un jour moins tragique. « Les aveux ne mettent pas fin à la souffrance ; ils mettent fin, peut-être, à une partie de l’incertitude », a-t-il déclaré.

En parallèle, la défense de Jubillar appelle à un changement dans le calendrier judiciaire. Me Debuisson a qualifié de « grotesque » la tenue du procès en appel en septembre, soulignant la nécessité d’entendre son client, d’organiser de nouvelles fouilles et de reprendre certains volets de l’enquête. Après plus de cinq ans de silence, ces nouvelles révélations ouvrent ainsi une séquence judiciaire inédite.

Le questionnement demeure : Cédric Jubillar sera-t-il en mesure de livrer une version complète des faits ? Les autorités parviendront-elles à retrouver le corps de Delphine ? Et l’existence d’un complice sera-t-elle confirmée lors des prochaines étapes judiciaires ? Les réponses à ces questions sont désormais attendues avec impatience.