Augmentation alarmante de la mortalité périnatale en France : état des lieux et enjeux

Le taux de mortalité périnatale en France, englobant les décès d’enfants nés sans vie ou décédés dans la première semaine de vie, est en hausse constante depuis 2021. Cette tendance s’est accentuée en 2024, touchant tous les territoires, y compris les départements et régions d’outre-mer. En 2024, 7 398 enfants ont été concernés, ce qui représente un taux de 11,2 pour 1 000 naissances, marquant une nette augmentation après plusieurs années de stabilité.

EN BREF

  • Le taux de mortalité périnatale en France atteint 11,2 pour 1 000 naissances en 2024.
  • Les décès touchent les métropoles et les DROM, avec des disparités territoriales notables.
  • Des facteurs comme l’âge maternel et les conditions socio-économiques influencent cette hausse.

Selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée le 7 juillet 2026, la France se classe désormais au 21e et 22e rangs européens en matière de mortinatalité spontanée et de mortalité infantile. Ces chiffres soulignent une dégradation préoccupante des indicateurs de santé publique, qui doivent être suivis avec attention.

La mortalité périnatale, qui inclut les décès survenant autour de la naissance, se divise en plusieurs catégories. Deux indicateurs essentiels sont à distinguer : la mortalité infantile, qui recouvre tous les décès d’enfants avant leur premier anniversaire, et la mortalité maternelle, qui se concentre sur la santé des femmes pendant la grossesse et l’accouchement. Pour mieux comprendre cette situation, il est essentiel d’analyser les déterminants qui influencent la mortalité périnatale.

Facteurs de risque identifiés

Les déterminants de la mortalité périnatale sont multiples. Parmi eux, on retrouve la nature de la grossesse, l’âge de la mère, ainsi que des conditions socio-économiques et des disparités territoriales. Bien que ces facteurs jouent un rôle important dans les évolutions observées, la Drees indique que leur simple modification ne suffit pas à expliquer l’augmentation récente.

En particulier, le risque de décès périnatal est considérablement plus élevé pour les enfants nés prématurément. En effet, les données montrent que la prématurité entraîne un risque de mort périnatale 63 fois plus important que pour les naissances à terme. Ce constat souligne l’importance cruciale de la prévention et de la prise en charge des naissances prématurées.

De plus, la mortalité périnatale est amplifiée par l’occurrence de naissances multiples. En 2024, le taux de mortalité était de 36,7 décès périnatals pour 1 000 naissances multiples, contre seulement 9,7 pour les grossesses uniques. Les grossesses gémellaires ou multiples sont souvent accompagnées de complications et de prématurités, augmentant ainsi le risque pour les nouveau-nés.

Inégalités territoriales et sociales

Une autre dimension importante à considérer est l’âge de la mère au moment de l’accouchement. Les femmes de moins de 20 ans et celles de 40 ans ou plus présentent des taux de mortalité périnatale plus élevés que celles de 30 à 34 ans, qui constituent le groupe de référence le moins à risque.

Les études montrent également des écarts significatifs de mortalité périnatale selon le niveau de défaveur des communes. Dans les cinq communes les plus défavorisées, le taux atteint 12 ‰, alors qu’il est de 9,5 ‰ dans les communes les moins défavorisées. Les habitants des départements et régions d’outre-mer sont également confrontés à un risque accru, avec un taux moyen dépassant de 60 % celui de la métropole.

Position de la France sur la scène européenne

À l’échelle européenne, la situation de la France s’est détériorée. Un rapport Europeristat de 2019 plaçait la France au 16e rang sur 28 pays concernant la mortinatalité, calculée hors interruptions médicales. Un rapport sénatorial publié en 2024 a mis en garde contre cette évolution, désignant la mortalité infantile et périnatale comme des indicateurs prioritaires pour le suivi des politiques de santé publique.

Pour les familles touchées, la mortalité périnatale représente un enjeu de santé majeur mais également un reflet des inégalités sociales et territoriales. Bien que certains facteurs soient difficiles à maîtriser, la réduction des écarts socio-économiques et l’optimisation des actions de prévention ciblée apparaissent comme des pistes prometteuses pour améliorer les perspectives futures.

La situation actuelle appelle à une mobilisation collective, tant au niveau médical qu’institutionnel, pour répondre à cette problématique de santé publique. La hausse des décès périnataux exige une attention accrue et des efforts concertés pour inverser cette tendance inquiétante.