Le mercredi 8 juillet 2026, le groupe Shaka Ponk a exprimé des regrets concernant sa collaboration avec Bertrand Cantat, quinze ans après avoir enregistré un duo avec le chanteur controversé. Frah, l’un des membres du groupe, a qualifié cette décision de «grave erreur» dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux.
EN BREF
- Frah du groupe Shaka Ponk regrette le duo avec Bertrand Cantat, qualifié de «grave erreur»
- Ce duo, réalisé en 2011, a suscité incompréhension et colère, notamment après le mouvement #MeToo
- Le groupe reconnait avoir sous-estimé l’impact de leurs choix sur la perception des violences faites aux femmes
Le 1er août 2026 marquera le vingt-troisième anniversaire de la mort de Marie Trintignant, survenue après une violente agression de son compagnon, Bertrand Cantat. Ce dernier, alors au sommet de sa carrière avec Noir Désir, avait été condamné à huit ans de prison pour ce meurtre. La question de son retour sur scène a longtemps fait débat.
Dans sa vidéo, Frah ne cache pas son désaccord avec la décision d’avoir collaboré avec Cantat. «Évidemment que Cantat n’aurait jamais dû remonter sur scène», déclare-t-il, reconnaissant ainsi les répercussions de cette collaboration sur la perception du public. En 2011, le groupe avait invité Cantat à participer à la chanson «Palabra Mi Amor», interprétée sur la scène du Zénith de Paris, un choix qui pèse lourdement aujourd’hui.
Shaka Ponk admet que ce duo a engendré «de l’incompréhension, probablement aussi de la colère et de la douleur», des sentiments légitimes selon Frah qui se dit conscient des souffrances endurées par les femmes victimes de violences.
Ce qui a particulièrement changé les perspectives du groupe, explique Frah, c’est le mouvement #MeToo, qui a fait émerger une prise de conscience collective. «La réalité nous a explosé en plein visage», dit-il, soulignant que de nombreux hommes, y compris lui-même, ont pris conscience de leur passé et des implications de leurs actions.
Il se remémore les discussions qui ont précédé leur collaboration avec Cantat : «Avant de faire ce duo, nous avons beaucoup échangé avec lui. Il avait une réelle douleur, un sincère regret». À l’époque, le groupe voyait sa réinsertion dans la société comme une forme de rédemption. Cependant, avec le recul, ils reconnaissent que ce choix a fait reculer la lutte contre la violence faite aux femmes.
«On s’est trompé de combat, on s’est trompé de chemin. Et c’est impardonnable», affirme Frah, signifiant un changement de mentalité au sein du groupe. En 2018, lorsque le mouvement #MeToo commençait à prendre de l’ampleur, Shaka Ponk avait déjà exprimé des avis nuancés sur la question de la réintégration de Cantat, mais ils admettent aujourd’hui leur erreur de jugement.
Le parcours de Shaka Ponk illustre une évolution des mentalités, un reflet des changements sociétaux qui s’opèrent autour des questions de genre et de violence. En prenant conscience de leur impact, le groupe espère contribuer à une réflexion plus large sur la responsabilité des artistes et leur rôle dans la société.
Cette déclaration de Frah n’est pas seulement un mea culpa, mais aussi un appel à la responsabilité collective et à la vigilance face aux violences faites aux femmes. Le groupe Shaka Ponk, par ses mots, montre que même les erreurs du passé peuvent conduire à un avenir meilleur, à condition de les reconnaître et d’en tirer des leçons.