La Bretagne, région traditionnellement épargnée par les extrêmes climatiques, fait face à une situation alarmante. Avec des températures dépassant les 40°C dans des départements comme le Finistère et les Côtes-d’Armor, les agriculteurs se retrouvent en première ligne d’une crise sans précédent. Laurent Kerlir, président de la chambre régionale d’agriculture, ne cache pas son inquiétude : « On pensait qu’on serait épargné, mais nous sommes confrontés à des conditions climatiques extrêmes. »
EN BREF
- La Bretagne subit une canicule record, avec des températures dépassant les 40°C.
- Les agriculteurs envisagent des pertes importantes dans les cultures de légumes et de lait.
- Les conséquences à long terme sur la reproduction animale et les récoltes fourragères suscitent de vives inquiétudes.
Avec l’arrivée de l’été, la Bretagne se retrouve plongée dans une crise agricole exacerbée par la chaleur intense et la sécheresse. Les agriculteurs, déjà inquiets, constatent les effets dévastateurs de ces conditions climatiques sur leurs cultures. Dominique Balac, éleveur bovin à Saint-Dolay, partage son angoisse face à des prévisions météo peu encourageantes. « Nous faisons face à des aléas climatiques auxquels nous ne sommes pas habitués », souligne-t-il.
Les conséquences sont visibles dans les champs. De nombreux légumes, comme les petits pois et les carottes, souffrent de la chaleur intense. Les pertes estimées peuvent atteindre jusqu’à 40 % dans certaines régions pour les petits pois. Les carottes, quant à elles, ne grossissent pas, tandis que les brocolis et les choux-fleurs connaissent des floraisons précoces ou avortées. Les producteurs d’échalotes se plaignent également de difficultés de stockage dues aux conditions climatiques extrêmes, avec des rendements en baisse de 5 à 25 %.
Les conséquences de cette canicule ne se limitent pas aux cultures. La production laitière est également impactée, avec une chute de la collecte de lait d’environ 15 % dans le Grand Ouest au cours de la dernière semaine de juin. Certains éleveurs rapportent des baisses de 30 %. « Les vaches souffrent aussi de la chaleur », précise Dominique Balac, mettant en avant l’impact sur la production laitière.
La filière avicole est également durement touchée. Selon les estimations de l’Anvol, entre 2,5 et 3 millions de volailles seraient mortes depuis le mois de mai à cause des chaleurs suffocantes. Cela entraîne non seulement une diminution de la production, mais aussi une baisse de la qualité des œufs, qui sont plus petits. Cela pourrait, à terme, affecter les rayons des supermarchés où la demande reste forte.
Les agriculteurs ne se contentent pas de s’inquiéter pour l’année en cours. Ils craignent que les effets de cette sécheresse ne se fassent sentir à long terme. Laurent Kerlir prévient : « Les animaux sont affaiblis, ce qui perturbe leur reproduction. » De plus, les récoltes fourragères, comme le maïs, sont menacées tant en quantité qu’en qualité. La compensation de ces pertes aura un coût significatif pour les éleveurs, qui s’inquiètent d’une sécheresse en 2026 qui pourrait surpasser celle de 1976, considérée comme une « calamité nationale » par le président de la République de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing.
Face à cette crise, la solidarité entre agriculteurs et les actions de soutien des instances agricoles seront cruciales pour traverser cette période difficile. La Bretagne, qui se rêvait à l’abri des changements climatiques, doit désormais faire face à la réalité d’une agriculture vulnérable et à des défis sans précédent.