Depuis l’annonce de la candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027, une question persistait : quelle serait la réaction de Jordan Bardella, son dauphin désigné au sein du Rassemblement national ? Alors que son silence a été assourdissant pendant plusieurs jours, l’eurodéputé a finalement brisé ce dernier le 12 juillet dans une interview accordée au Figaro. Ses propos révèlent une détermination à ne pas se laisser enfermer dans le rôle de perdant.
EN BREF
- Jordan Bardella dénonce une « enterrement politique » après la candidature de Marine Le Pen.
- Il rappelle l’accord de loyauté envers Le Pen pour 2027.
- Des voix au sein du parti évoquent une déception probable de Bardella face à l’absence de candidature.
Le 7 juillet, Marine Le Pen a été condamnée par la cour d’appel de Paris à une peine de trois ans de prison, dont un an ferme aménageable sous bracelet électronique. Malgré cette décision, elle a rapidement officialisé sa candidature, mettant ainsi un terme aux spéculations autour d’une éventuelle candidature de Bardella, qui semblait acquise pour beaucoup. Ce dernier, après avoir gardé le silence face à cette annonce, a exprimé son mécontentement en déclarant : « Lorsque je lis les journaux et j’écoute les commentateurs, j’ai l’impression d’assister à mon propre enterrement politique. »
Cette déclaration témoigne d’une volonté de Bardella de se distancier des interprétations qui le présentent comme le grand perdant de la situation. « Qu’ils gardent les pelles, je n’ai pas l’intention d’y participer », a-t-il ajouté, soulignant ainsi sa détermination à rester actif et engagé dans le processus politique, malgré l’ombre de la candidature de Le Pen.
Le président du Rassemblement national a également tenu à rappeler qu’un accord tacite avait été établi entre lui et Le Pen. Il a affirmé qu’il « a toujours été convenu » que, si elle se portait candidate, elle bénéficierait de son soutien et de sa loyauté. Cela montre que, malgré son amertume apparente, il est prêt à jouer un rôle actif dans la campagne de Le Pen, se concentrant sur les enjeux économiques qui sont au cœur de ses préoccupations.
Cependant, des membres de son entourage commencent à exprimer des inquiétudes. Un proche a confié qu’il est évident que Bardella s’est projeté vers 2027 et que son absence en tant que candidat pourrait engendrer une certaine forme de déception. Cette situation soulève des questions sur l’harmonie au sein du Rassemblement national. Une stratège du parti a tenté de minimiser ces tensions, en affirmant qu’il n’y a pas de fractures majeures, malgré des « différences de sensibilités » entre les deux dirigeants.
Elle a également souligné le choix de Le Pen comme un calcul électoral. Selon elle, si Bardella était le candidat, il aurait probablement gagné un second tour face à Jean-Luc Mélenchon, mais aurait eu plus de difficultés contre Édouard Philippe. En revanche, Le Pen est perçue comme capable de rivaliser avec les deux. Cette analyse met en lumière les enjeux stratégiques qui sous-tendent cette candidature, mais également les dynamiques internes au sein du Rassemblement national.
Enfin, il est important de noter que la candidature de Le Pen ne ferme pas la porte à l’avenir politique de Bardella. Ce dernier se montre résolu à continuer à jouer un rôle significatif dans le paysage politique français, même si cela implique de se positionner derrière la cheffe de file du parti pour l’instant. La suite des événements sera cruciale pour déterminer comment cette dynamique évoluera et quelles seront les répercussions pour Bardella et Le Pen sur le long terme.