Vacances du thérapeute : gérer l’anxiété des patients face à l’absence

Pour de nombreux patients, l’interruption des séances de psychothérapie pendant les vacances peut engendrer des angoisses profondes. Cette situation, bien plus qu’un simple contretemps, peut raviver des sentiments de solitude et d’abandon.

EN BREF

  • Les vacances des thérapeutes peuvent provoquer des angoisses d’abandon chez certains patients.
  • Une préparation adéquate avant la coupure est essentielle pour atténuer les angoisses.
  • Tenir un journal ou écrire à son thérapeute peut aider à maintenir une continuité durant cette période.

Vincent Joly, psychologue à Paris, souligne que « les vacances du thérapeute ne sont pas anodines ». Pour des patients ayant besoin d’un lien sécurisant, cette absence peut être source de stress. Les enfants, adolescents et adultes fragilisés se retrouvent souvent déstabilisés, surtout lors d’une coupure prolongée, comme celle d’un mois en été.

Les conséquences peuvent être variées. En l’absence de soutien, certains patients adoptent des comportements risqués, tels que la consommation excessive d’alcool ou de drogues, et d’autres peuvent développer des troubles alimentaires ou se replier sur eux-mêmes. « Le risque est de réactualiser des angoisses anciennes, comme si l’abandon se répétait », précise M. Joly.

Pour prévenir ces situations, il est crucial que le thérapeute anticipe cette période. Avant de partir, il doit permettre à son patient d’exprimer ses préoccupations par rapport à cette séparation. Mettre des mots sur ses émotions constitue une première étape pour traverser ce moment difficile.

Pour les patients les plus vulnérables, la transmission des coordonnées d’un confrère ou d’une consœur, ainsi que des numéros d’écoute, peut s’avérer bénéfique. Cela permet de disposer de ressources en cas de besoin. Le patient doit également se sentir libre d’exprimer ses craintes à son thérapeute, tant avant qu’après son absence. Échanger sur ces ressentis peut transformer cette expérience en un élément de travail thérapeutique, plutôt que de la subir passivement.

Au-delà de la communication, certains patients trouvent utile de tenir un journal intime durant l’été. D’autres optent pour l’écriture le jour où leur séance aurait dû avoir lieu, comme s’ils s’adressaient à leur thérapeute. Cette démarche favorise la continuité et le dialogue intérieur, atténuant ainsi le sentiment d’abandon.

Cette période de vacances peut être d’autant plus éprouvante pour ceux qui ne partent pas et continuent à travailler tout l’été. L’absence de rendez-vous réguliers et le retrait des liens habituels peuvent accentuer le sentiment de solitude. Préparer cette parenthèse en amont constitue donc une stratégie efficace pour la transformer en une étape constructive de la thérapie, plutôt qu’en une épreuve supplémentaire.

En somme, une approche proactive et communicative entre le thérapeute et le patient est essentielle pour minimiser les effets néfastes des vacances sur la santé mentale. Ainsi, le vécu de l’absence peut devenir un sujet de travail enrichissant, permettant à chacun de mieux gérer ses angoisses et de renforcer son bien-être psychologique.