Le 30 octobre 2023, une nouvelle coopération militaire a été annoncée à Paris, visant à renforcer la protection de l’Ukraine contre les missiles balistiques russes. Cette initiative, lancée par neuf pays européens, a pour but de développer des capacités antibalistiques en collaboration avec Kiev.
EN BREF
- Neuf pays européens créent une coalition militaire pour protéger l’Ukraine.
- Le projet Freya, porté par l’Ukraine, sera au cœur du futur bouclier antimissiles.
- La France prévoit également la livraison d’avions de combat Rafale à l’Ukraine.
Cette coalition regroupe le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Norvège, l’Espagne, la Suède, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, en plus de l’Ukraine. La création de cette alliance a été annoncée lors d’une réunion de la « coalition des volontaires » à laquelle ont assisté Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky, ainsi qu’une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement.
Les dix pays visent à mettre en commun leurs ressources industrielles, scientifiques et militaires pour élaborer une capacité partagée face aux missiles balistiques. Ce besoin s’est accentué alors que l’Ukraine continue de demander davantage de moyens de défense aérienne pour contrer les attaques russes.
Dans une déclaration commune, les dirigeants ont souligné : « En unissant notre base industrielle de défense, notre recherche et notre expérience opérationnelle, notre objectif est de bâtir une capacité partagée contre les missiles balistiques pour l’Europe. » Ils ont également précisé que cette coopération est « purement défensive » et qu’elle n’est pas dirigée contre un peuple en particulier, mais plutôt en protection de leurs propres nations.
Le projet phare de cette initiative est Freya, une solution de défense contre les missiles balistiques développée par l’entreprise ukrainienne Fire Point. Ce système est présenté comme une alternative moins coûteuse comparée aux systèmes existants tels que le Patriot américain ou le missile Aster franco-italien. Emmanuel Macron a déclaré que Freya permettrait d’« agréger une offre commune » et d’accélérer la protection de l’Ukraine.
Volodymyr Zelensky a qualifié cette annonce de « journée historique » et a exprimé son optimisme quant à la mise au point de ce missile antibalistique dans un délai d’un an, avec l’ambition d’une production de masse à un coût réduit.
En parallèle, la France a confirmé la livraison de 16 avions de combat Rafale à l’Ukraine, avec un déploiement prévu pour 2028-2029. Emmanuel Macron a également annoncé l’envoi de radars et d’une première série de batteries SAMP/T de nouvelle génération, développées en collaboration avec l’Italie.
Des bombes AASM, des missiles antiaériens Aster 30, ainsi que des missiles de croisière Scalp seront également fabriqués sous licence en Ukraine. Ces annonces illustrent la détermination des 37 membres de la coalition des volontaires à soutenir Kiev « encore plus vite et plus fort ».
En ce qui concerne la force multinationale, elle est prévue pour intervenir en Ukraine après un cessez-le-feu. Son entraînement débutera dans les pays voisins au cours des mois à venir, avec pour mission de dissuader la Russie de lancer de nouvelles offensives une fois les combats arrêtés. Emmanuel Macron a toutefois réaffirmé une « ligne claire de non-belligérance » pour la France.
Face à ces développements, le Kremlin a immédiatement réagi, qualifiant cette coalition d’« illuminés et de va-t-en-guerre ». Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a exprimé des doutes sur la capacité de ces pays à infliger une défaite stratégique à la Russie, qualifiant leur initiative d’illusion. Cependant, les nations réunies à Paris affirment vouloir exercer une pression accrue sur le Kremlin pour le pousser à entamer des négociations.
Dans un contexte de tensions croissantes en Europe de l’Est, cette initiative marque une étape significative dans la coopération militaire entre les pays européens, témoignant d’un engagement renforcé envers la sécurité collective et la défense de l’Ukraine.