Monique Barbut démissionne après l’adoption controversée de la loi sur les pesticides

Au lendemain de l’adoption d’une loi d’urgence agricole qui suscite de vives tensions au sein du gouvernement, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a décidé de quitter ses fonctions. Cette décision survient après la réintroduction de deux pesticides controversés, dont l’acétamipride, qui a provoqué des réactions passionnées au sein de la classe politique et des ONG.

EN BREF

  • Monique Barbut annonce sa démission après l’adoption d’une loi réintroduisant des pesticides.
  • Elle s’oppose fermement à l’acétamipride, largement critiqué pour ses impacts environnementaux.
  • Cette décision intervient dans un contexte de tensions politiques autour de la gestion de l’agriculture.

La loi d’urgence agricole, adoptée définitivement par le Parlement le 21 juillet 2026, a été au cœur de nombreux débats. Malgré la controverse qu’elle suscite, le texte a été validé, entraînant la démission de Monique Barbut, qui tenait le poste de ministre de la Transition écologique depuis octobre 2025. Son opposition catégorique à la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux pesticides jugés dangereux, a motivé sa décision de quitter le gouvernement.

Selon des sources proches de la ministre, elle présentera officiellement sa démission au Premier ministre, Sébastien Lecornu, lors du Conseil des ministres prévu pour le lendemain. Ce dernier aura la responsabilité d’accepter ou non ce départ. Monique Barbut, ancienne présidente du WWF, a fait preuve d’une grande discrétion ces derniers mois, mais son désaccord sur les choix gouvernementaux en matière de pesticides a fini par la pousser à agir.

La ministre a récemment annulé un point presse prévu pour discuter des feux de forêt, ce qui a alimenté les rumeurs concernant sa démission. Ces rumeurs ont été confirmées par son cabinet, bien que peu de détails aient été fournis. Ce départ soulève des questions quant à la direction que prend le gouvernement sur les questions environnementales.

La réintroduction de l’acétamipride a également suscité des critiques au sein de la majorité. La députée Agnès Pannier-Runacher, ancienne ministre de la Transition écologique, a exprimé son inquiétude sur ce qu’elle considère être un « passage en force » du gouvernement, dénonçant un « déni de démocratie » dans le processus législatif. En effet, des députés ont tenté de faire retirer l’acétamipride par amendement, mais cette proposition a été rejetée par l’exécutif, exacerbant les tensions entre les différentes factions du gouvernement.

Le gouvernement, par la voix de Maud Bregeon, porte-parole, a tenté de se désolidariser de cette décision, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’un choix gouvernemental. Ce dernier a précisé que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) serait responsable de la réintroduction des pesticides, à condition qu’il n’y ait pas d’impact sur la santé ou l’environnement, et qu’il existe une situation d’urgence agricole.

Ce nouvel épisode dans la gestion des pesticides en France rappelle la forte mobilisation citoyenne qui avait eu lieu un an plus tôt contre la loi Duplomb, laquelle avait prévu le retour de l’acétamipride. Cette mobilisation avait conduit à une censure par le Conseil constitutionnel, mais les débats autour de la législation actuelle montrent que la question reste brûlante.

Les conséquences de la démission de Monique Barbut sur l’avenir de la politique environnementale du gouvernement restent à déterminer. Sa position avait été un symbole d’une volonté de préserver l’environnement face aux intérêts agricoles, mais son départ pourrait signaler un changement de cap au sein de l’exécutif.