Du 17 juin au 2 juillet, la France a enregistré un excès de 5764 décès, faisant suite à la canicule qui a frappé le pays. Ce bilan, publié le 22 juillet par Santé publique France, révèle une surmortalité sans précédent, comparable uniquement à celle de l’été 2003, qui avait causé la mort de 15 000 personnes.
EN BREF
- 5764 décès supplémentaires constatés entre juin et juillet 2023.
- Impact notable sur les personnes âgées, mais aussi sur les jeunes adultes.
- Amélioration des services de santé par rapport à 2003, mais des défis persistent.
Cette surmortalité inédite touche toutes les tranches d’âge, avec une majorité de personnes décédées âgées de plus de 75 ans. Toutefois, un constat alarmant émerge : près de 1000 décès supplémentaires ont été enregistrés chez les 45-64 ans, témoignant de l’impact dévastateur de la chaleur sur des populations habituellement moins vulnérables.
Le Dr Mathias Wargon, médecin urgentiste, a commenté cette situation sur RMC, soulignant que, bien que le bilan soit lourd, une baisse du nombre de morts par rapport à 2003 est à noter. « La société n’est pas mieux organisée qu’en 2003, avec toujours un manque de climatisation et de dispositifs de rafraîchissement pour les personnes âgées vivant seules. Cependant, les pompiers ont su s’adapter et améliorer la prise en charge des patients, notamment en les rafraîchissant directement à domicile », a-t-il précisé.
Il a également évoqué l’apprentissage collectif tiré de la crise du Covid-19, qui a permis aux hôpitaux de mieux se préparer à de telles situations. « L’organisation des services de santé s’est considérablement améliorée en 20 ans, même si cela reste imparfait », a-t-il ajouté.
Malgré ces avancées, le problème des personnes isolées demeure un défi important. Les décès ne se sont pas limités aux personnes âgées, car les jeunes adultes ont également été touchés. En effet, 118 décès ont été recensés chez les 15-44 ans, soit une augmentation de 30 % par rapport à la normale.
Les données révèlent que toutes les régions de France ont été concernées par cette hausse de la mortalité, à l’exception de la Corse, de l’Occitanie et de Provence-Alpes-Côte-d’Azur. L’Île-de-France a enregistré le plus grand nombre de décès, avec 2000 victimes. Suivent le Grand-Est, les Pays de la Loire et le Centre-Val-de-Loire.
Il est à noter que les décès ont augmenté principalement dans les hôpitaux et à domicile, et moins dans les Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Bien qu’il soit trop tôt pour établir un lien direct entre la canicule et cette hausse de mortalité, Santé publique France s’apprête à publier un bilan définitif à la fin de l’été, qui devrait fournir des éclaircissements supplémentaires sur cette crise sanitaire.