Dans la petite commune de Nabirat, située en Dordogne, un débat récurrent agite les esprits : faut-il un âge limite pour être maire ? Cette question est particulièrement pertinente depuis l’élection, en mars dernier, d’Yvette Vigié, 93 ans, qui est devenue la doyenne des maires de France. Avec une population de 345 habitants, la commune a voté en faveur de son maintien à la tête de la mairie, mais les opinions des citoyens sont partagées.
EN BREF
- Yvette Vigié, 93 ans, a été réélue maire de Nabirat avec une marge étroite.
- Les habitants expriment des opinions divergentes sur son âge et ses capacités.
- La maire prépare sa succession tout en affirmant son engagement.
À l’accueil de la mairie, Yvette Vigié, arborant de grandes lunettes marron, s’affaire avec son adjointe à la préparation de l’agenda estival. Le titre de doyenne des maires de France, qu’elle a récemment acquis, la fait sourire. “À 93 ans, je me sens en pleine forme”, affirme-t-elle avec une détermination palpable. Bien qu’elle reconnaisse que son corps a changé, son esprit reste vif. “Je n’ai aucun problème. Je ne fais pas ce que je faisais il y a dix ans, mais je suis toujours là”, confie-t-elle.
Yvette Vigié est maire depuis 1989. Cependant, sa récente réélection en 2026 s’est faite avec seulement trois voix d’écart. Cette situation a suscité des interrogations parmi les habitants. “Elle est vraiment dynamique. Je pense qu’elle a bien fait son travail”, déclare une habitante. À l’inverse, d’autres s’interrogent sur sa capacité à continuer à diriger la commune à un âge avancé. “Peut-être que c’est un peu trop âgé. Il y a un moment où il faut savoir lever le pied”, affirme un autre résident.
Les avis divergent, certains citoyens s’interrogeant sur le fait de savoir si une personne de 93 ans peut encore prendre des décisions éclairées. “À cet âge, on n’a pas tous les neurones, il ne faut pas se raconter d’histoires”, admet un autre habitant. Cette inquiétude est partagée par plusieurs membres de la communauté, qui se demandent si l’âge de la maire affecte sa capacité à gérer les affaires de la commune.
Dans ses réponses, Yvette Vigié ne se laisse pas démonter. “On est déjà trop vieux à 50 ans. J’ai entendu ça toute ma vie, mais je ne réponds pas à ces critiques. Je préfère les ignorer”, déclare-t-elle, ajoutant qu’elle ne voit pas pourquoi elle devrait se retirer tant qu’elle est en bonne santé. “La mairie, c’est ma vie, c’est tout ce que j’ai”, souligne-t-elle, montrant son attachement profond à sa fonction.
Malgré son engagement, Yvette Vigié sait que la question de sa succession est inévitable. “En coulisses, je me prépare déjà. Tout est prêt au cas où”, explique-t-elle. Cette déclaration montre que, bien qu’elle soit pleinement investie dans son rôle, elle est également consciente des réalités du temps qui passe.
La situation d’Yvette Vigié soulève des réflexions sur la place des personnes âgées dans la politique locale et sur la légitimité de leur engagement. Alors que certains soutiennent que l’expérience est un atout, d’autres estiment qu’il existe des limites à l’âge pour exercer des fonctions de responsabilité. Le débat semble loin d’être clos.
En somme, la présence d’Yvette Vigié à la tête de Nabirat incarne à la fois une continuité et une remise en question des normes établies. À 93 ans, elle prouve qu’elle est encore capable de diriger, mais elle doit également naviguer dans un paysage d’opinions partagées, où le respect de l’expérience et la préoccupation pour l’avenir coexistent.