Dans le cadre des relations sexuelles, la pénétration est souvent perçue comme un acte central. Pourtant, cette vision mérite d’être interrogée. En 2019, l’essayiste Martin Page a publié « Au-delà de la pénétration », un ouvrage qui questionne cette pratique jugée « naturelle ». Son analyse met en lumière un fait souvent négligé : la pénétration, si elle est omniprésente, ne garantit pas nécessairement le plaisir des femmes.
EN BREF
- La pénétration est souvent perçue comme essentielle, mais son efficacité pour le plaisir féminin est discutable.
- Le terme « circlusion » remet en question cette pratique en plaçant la femme au cœur de l’acte.
- La vulgarisation de ce concept par Maïa Mazaurette vise à réinventer notre approche de la sexualité.
Martin Page soulève une question essentielle : si 25 % des hommes éprouvaient du plaisir et parvenaient à jouir uniquement par la pénétration, serait-elle considérée comme la norme ? Les études montrent que la majorité des femmes ont plus de difficultés à atteindre l’orgasme par cette seule pratique. Ce constat révèle un déséquilibre dans les dynamiques sexuelles, où la satisfaction masculine prend souvent le pas sur celle des femmes.
Pour remédier à cette situation, Martin Page évoque la notion de « circlusion », un terme proposé par la sociologue Bini Adamczak en 2016. Ce néologisme, issu du latin, signifie « englober le sexe masculin avec le vagin ». Cette définition vise à redéfinir le rôle des femmes dans l’acte sexuel, les plaçant en tant qu’actrices actives de leur plaisir. Ainsi, la circlusion se traduit par une déconstruction du schéma traditionnel de la pénétration, qui fait souvent de la femme un simple réceptacle.
La journaliste Maïa Mazaurette a, elle aussi, intégré le concept de circlusion dans son ouvrage « La vulve, la verge et le vibro », publié en janvier 2021. Ce livre se présente comme un dictionnaire du sexe, mais d’un genre nouveau : il ne se limite pas à la définition des mots, il incite à réfléchir sur la façon dont le langage peut influencer nos perceptions et nos pratiques sexuelles. En utilisant le terme de circlusion, Mazaurette souligne l’importance de reconnaître les femmes comme des partenaires actives et non comme de simples « trous » dans l’acte sexuel.
La notion de circlusion encourage également une prise de conscience corporelle. Les femmes peuvent alors s’interroger sur leur périnée et l’importance de ses contractions pendant l’amour. Ces mouvements peuvent jouer un rôle essentiel dans l’expérience orgasmique. En redonnant aux femmes le contrôle de leur plaisir, la circlusion les invite à se sentir plus connectées à leur corps et à l’autre.
Ce concept offre un nouvel éclairage sur la sexualité, en remettant en question des normes établies. Si vous envisagez votre prochaine expérience sexuelle à travers le prisme de la circlusion, vous pourriez découvrir une dimension enrichissante de votre vie intime. En d’autres termes, « si vous me pénétrez, je vous circluse » pourrait devenir le mantra d’une nouvelle ère de sexualité partagée.
Cette réflexion sur la circlusion ne se limite pas à un simple terme, mais elle constitue un appel à une réévaluation plus large de la sexualité. En redéfinissant les rôles et en plaçant le plaisir féminin au centre de la pénétration, il s’agit d’explorer un nouveau terrain de jeu pour des relations plus équilibrées et satisfaisantes.
En définitive, la circlusion nous rappelle que le plaisir ne doit pas être unilatéral et que chacun a un rôle à jouer pour enrichir l’expérience sexuelle. Cette approche pourrait bien transformer la perception que nous avons de nos rapports intimes, les rendant plus inclusifs et épanouissants.