Fibre Excellence : le ministre de l’Industrie évoque un repreneur potentiel face à Matthieu Pigasse

Le sort de Fibre Excellence, leader français de la pâte à papier, est plus incertain que jamais. Ce lundi 27 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse a rejeté l’unique offre de reprise formulée par Matthieu Pigasse, laissant planer la menace d’une liquidation judiciaire qui pourrait entraîner la perte de 670 emplois. L’avenir de l’usine de Tarascon, déjà en péril, semble désormais compromis, tandis qu’une lueur d’espoir subsiste pour le site de Saint-Gaudens, grâce à une lettre d’intention émanant d’un autre industriel.

EN BREF

  • Le tribunal de Toulouse rejette l’offre de reprise de Matthieu Pigasse.
  • Un nouvel industriel a manifesté son intérêt pour le site de Saint-Gaudens.
  • Le ministre de l’Industrie évoque une offre plus crédible que celle de Pigasse.

La situation de Fibre Excellence est critique. Le tribunal a pris sa décision sans prendre en considération l’offre de Pigasse, soutenue par les régions d’Occitanie et de Provence-Alpes-Côte-d’Azur. À présent, il devra se prononcer sur le sort de l’entreprise, avec deux options : la liquidation ou un délai supplémentaire pour explorer la possibilité de reprise à Saint-Gaudens.

Christophe Clerc, avocat du comité social et économique (CSE) de Fibre Excellence, a précisé que la décision du tribunal était attendue pour mercredi. Il a également mentionné l’existence d’un nouvel repreneur, sans toutefois révéler son identité. Cela a suscité l’intérêt de Sébastien Oustric, représentant des salariés de Saint-Gaudens, qui a exprimé son scepticisme quant à la viabilité de cette offre.

Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a confirmé l’existence d’un nouvel industriel. Il a fait valoir que cette offre pourrait être plus solide que celle de Matthieu Pigasse, qui a été jugée irrecevable en raison de conditions suspensives non levées. Martin a également souligné que la transparence sur l’identité de ce potentiel repreneur était essentielle, en suggérant que des informations étaient accessibles sur le site du tribunal.

Cette situation fait écho aux préoccupations des salariés et des syndicats, qui craignent pour leurs emplois. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a condamné l’attitude de l’État, estimant qu’il avait « torpillé » la seule offre de reprise existante. Elle a décrit cette situation comme un « coup de poignard dans le dos des salariés », une critique que le ministre a jugée infondée.

Martin a défendu la position de l’État, rappelant que les conditions d’accompagnement sur des questions cruciales comme le coût de l’électricité et l’approvisionnement en bois avaient été clairement établies. Il a ajouté que Matthieu Pigasse ne semblait pas avoir pris en compte ces éléments dans sa proposition.

Fibre Excellence, qui détient les deux dernières grandes usines de pâte à papier en France, a été placée en redressement judiciaire fin avril. Son actionnaire indonésien, Jackson Wijaya, a abandonné après avoir investi près de 300 millions d’euros, soulignant la difficulté à rendre l’entreprise rentable. Des tentatives de création d’une offre de reprise par des cadres de l’entreprise ont échoué, tandis que des salariés occupent les sites de Saint-Gaudens et de Tarascon depuis le 20 juillet en raison des incertitudes qui entourent leur avenir professionnel.

Alors que le tribunal se prépare à rendre sa décision, les employés de Fibre Excellence vivent des jours d’angoisse, conscients que chaque minute compte pour sauver les emplois menacés. Le ministre a promis de se battre pour préserver ces postes, mais l’avenir de l’entreprise reste incertain.