Le président américain, Donald Trump, semble avoir célébré une victoire diplomatique trop hâtivement. Jeudi dernier, il a annoncé avoir « conclu un accord HISTORIQUE pour le DESARMEMENT COMPLET du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza ». Cette déclaration a été accueillie comme une « étape monumentale » vers la paix, même par le groupe armé palestinien. Cependant, la situation sur le terrain reste complexe et incertaine, rendant cet accord déjà compromis.
EN BREF
- Donald Trump annonce un accord sur le désarmement du Hamas, jugé historique.
- Le gouvernement israélien exprime déjà ses réserves sur cet accord.
- Des frappes israéliennes se poursuivent à Gaza, rendant l’accord difficile à appliquer.
En effet, l’occupation israélienne et les bombardements dans la bande de Gaza ne peuvent cesser sans l’approbation du gouvernement israélien. Ce dernier a déjà fait part de ses inquiétudes, considérant que le projet d’accord ne reflète pas sa position. La véritable question demeure : cet accord est-il réellement viable ?
Pour la première fois, le Hamas, sous la direction d’un nouveau chef perçu comme plus « pragmatique », a affiché publiquement son soutien au désarmement. Hugh Lovatt, expert au Conseil européen des relations étrangères, évoque un « basculement stratégique inédit » pour le groupe. Toutefois, il avertit que cette occasion pourrait ne pas se reproduire. Si les négociations échouent, le discours au sein du Hamas pourrait rapidement changer, laissant la place à des factions plus radicales.
La crainte d’une escalade des violences, telle que celle observée le 7 octobre, semble infondée selon certains experts. Hugh Lovatt souligne que le Hamas n’est pas en position de renouveler une attaque d’une telle ampleur, même sans un désarmement complet. Cependant, Ronald Hatto, professeur à Sciences Po Paris, avertit que le désir de revanche des Palestiniens pourrait être exacerbé par les destructions massives causées par Israël depuis cette date.
Il est crucial de rappeler que l’accord de paix ne pourra jamais être mis en œuvre sans le consentement d’Israël. Hugh Lovatt conclut que cet accord « est déjà mort », en raison du non-respect par le gouvernement israélien des engagements liés au cessez-le-feu, notamment en ce qui concerne l’aide humanitaire à Gaza. Récemment, des frappes aériennes israéliennes ont fait au moins 19 victimes à Gaza, soulignant l’urgence de la situation.
La balle est désormais dans le camp de Tel-Aviv. Contrairement à Donald Trump, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou n’a pas d’intérêt à accepter un accord de paix avec le Hamas. Avec des élections législatives à l’horizon, prévues pour octobre, il est contraint d’adopter une posture robuste et agressive. Dans ce contexte, la question du désarmement devient secondaire, tant la sécurité nationale est perçue comme prioritaire par les électeurs israéliens.
Cette dynamique met Netanyahou dans une position délicate. D’un côté, il doit faire face aux attentes américaines, alors que de l’autre, il doit satisfaire une base électorale qui privilégie une ligne dure face au Hamas. La situation en Gaza, où l’armée israélienne maintient un contrôle significatif, complique encore davantage cette équation.
En définitive, l’avenir de cet accord apparaît incertain et dépend fortement des actions et des décisions des acteurs clés dans cette région déjà troublée.