Le maire de Nice, Éric Ciotti, a annoncé sa volonté de se constituer partie civile dans l’affaire de la tête de porc, une décision qui fait suite à des révélations récentes du journal local Nice Matin. Cette affaire, qui a marqué les esprits pendant les élections municipales de 2026, soulève de nombreuses interrogations sur les pratiques politiques et la déstabilisation au sein du paysage politique niçois.
EN BREF
- Éric Ciotti souhaite se constituer partie civile dans l’affaire de la tête de porc.
- Deux versions s’opposent dans l’enquête, impliquant des proches de Christian Estrosi.
- Des accusations de déstabilisation politique émergent autour de cette affaire.
Ce fait divers a pris une ampleur particulière lorsque, quelques jours avant le premier tour des élections municipales, une tête de cochon portant l’inscription « connard » et une étoile de David a été accrochée à la grille du domicile de l’ancien maire, Christian Estrosi. Ce geste a provoqué un émoi général et une vive indignation parmi les élus et les citoyens. Éric Ciotti, qui a remporté la mairie avec le soutien du Rassemblement national, a qualifié cet acte de « la plus dégueulasse de toutes ». Il a estimé que cela relevait d’une mise en scène orchestrée pour nuire à sa campagne.
Dans ce climat tendu, l’enquête ouverte par la justice a révélé des éléments troublants. Deux protagonistes, Amine S., un Tunisien de 38 ans, et Sevan B., un professionnel de la communication digitale proche de Christian Estrosi, sont au cœur des investigations. Amine S. accuse Sevan B. d’avoir été l’instigateur de l’accrochage de la tête de porc, une affirmation qui a été faite lors d’une confrontation entre les deux hommes. Selon Amine S., Christian Estrosi lui aurait fourni le contact de Sevan B. pour le soutenir dans une stratégie de redressement de son image.
Sevan B., pour sa part, reconnait avoir élaboré une caricature intitulée « Chiotti » pour une page Facebook de soutien à Estrosi, mais il nie toute implication dans l’affaire de la tête de porc. Il a également admis avoir mis en place des stratégies pour augmenter la visibilité de l’ancien maire sur les réseaux sociaux, utilisant des techniques telles que la création de pages de fans et l’achat de publicité.
Les éléments de l’enquête laissent transparaître un contexte complexe où la politique locale s’entremêle avec des pratiques douteuses. Amine S. a affirmé que des compagnons de route, en état d’ébriété et sous l’emprise de stupéfiants, avaient pris part à l’opération d’accrochage. Il a également révélé qu’un marché de 2 millions d’euros, lié à la Métropole, était promis à son associé, un ancien agent de la DST, ce qui pourrait mettre en lumière des enjeux financiers derrière cette affaire.
Dans un communiqué diffusé par son avocat, Maître Franck de Vita, Éric Ciotti a souligné que si les allégations concernant un marché public s’avéraient fondées, cela pourrait constituer « l’un des plus graves scandales de la Ve République ». De son côté, Christian Estrosi a réagi en rappelant qu’il avait d’abord déposé plainte et s’était constitué partie civile dès que les juges d’instruction avaient été désignés. Il a également annoncé son intention de déposer une plainte pour dénonciation calomnieuse.
Cette affaire met en lumière les tensions qui règnent dans le paysage politique niçois, où les rivalités entre Ciotti et Estrosi semblent se cristalliser autour de cet incident. Alors que l’enquête se poursuit, les révélations pourraient avoir des répercussions importantes sur la scène politique locale et au-delà.