Le 9 août 2023, Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël, a annoncé son opposition au plan proposé par le gouvernement américain pour Gaza. Lors d’une réunion cabinet, il a déclaré que « Israël rejette le document en 15 points » élaboré par le Conseil de Paix de Donald Trump, un projet visant à établir un cadre pour la paix dans la région.
EN BREF
- Benjamin Netanyahu s’oppose au plan américain pour Gaza, présenté par Donald Trump.
- À deux mois des élections, cette décision vise à maintenir le soutien de l’extrême droite israélienne.
- Le rejet du plan reflète une popularité décroissante de l’idée d’un État palestinien parmi les électeurs israéliens.
Le plan en question, qui a été accepté par le Hamas, avait pour objectif de désarmer cette organisation et de permettre un retrait progressif des forces israéliennes de la bande de Gaza. Cependant, Netanyahu a affirmé que l’armée israélienne n’effectuerait aucun retrait tant que le Hamas ne serait pas « véritablement désarmé ». Cette annonce intervient alors que le pays se prépare pour des élections législatives cruciales, prévues pour le 27 octobre 2023, qui seront les premières depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023.
Actuellement, le Premier ministre se trouve dans une situation délicate, étant au coude-à-coude avec ses principaux rivaux dans les sondages. Selon un récent sondage de la chaîne I24 News, son parti, le Likoud, devance de seulement cinq sièges le parti Yashar, dirigé par Gadi Eisenkot, un centriste. Les élections s’annoncent serrées, avec deux blocs principaux qui s’affrontent : la coalition sortante, dirigée par Netanyahu, et une opposition hétéroclite regroupant plusieurs partis allant de la gauche à l’extrême droite.
Le dernier sondage indique que la coalition actuelle disposerait de 58 sièges, trois de moins que la majorité nécessaire pour former un gouvernement. De son côté, le bloc d’opposition totaliserait 49 sièges, sans compter les 13 sièges prévus pour les partis arabes. Cette dynamique électorale rend la situation encore plus pressante pour Netanyahu, qui doit s’assurer du soutien de ses alliés d’extrême droite, des partis qui s’opposent fermement à tout retrait de Gaza.
Pascal Boniface, directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques, souligne que pour Netanyahu, le risque de fâcher Trump est moins préoccupant que la perte de soutien des ministres extrémistes. En effet, ces derniers ont exprimé leur désaccord avec le plan américain, percevant tout retrait comme une menace à la sécurité d’Israël.
La popularité du plan de paix américain semble avoir chuté, avec des sondages montrant qu’il est largement impopulaire auprès de l’électorat de droite, et même au sein de l’électorat israélien dans son ensemble. Boniface note que chaque jour qui passe rend plus difficile la création d’un État palestinien, une opinion largement partagée dans la classe politique israélienne, y compris par des adversaires de Netanyahu.
Il est à noter que le plan de Trump n’est pas au centre des préoccupations des électeurs israéliens. Les sujets de campagne se concentrent plutôt sur des questions telles que les inégalités face au service militaire, l’enquête sur les événements du 7 octobre, et les opérations militaires en cours dans la région. Dans ce contexte, Netanyahu ne peut se permettre de faire des concessions sur Gaza, de peur de perdre des voix précieuses.
En dépit de ses déclarations, la situation sur le terrain reste complexe. Dix mois après un cessez-le-feu, les frappes israéliennes se poursuivent dans l’enclave, tandis que le Hamas conserve une partie de son contrôle, illustrant ainsi la fragilité de la situation en cours.