Saintes impose une taxe aux propriétaires de logements vides pour lutter contre la pénurie

La ville de Saintes, située en Charente-Maritime, envisage d’instaurer une nouvelle taxe pour inciter les propriétaires à louer leurs biens immobiliers laissés vacants. À compter du 1er janvier 2027, les propriétaires d’habitations non occupées depuis plus de deux ans risquent une majoration de leur taxe foncière pouvant atteindre 50%. Cette mesure vise à répondre à la crise du logement qui frappe la ville.

EN BREF

  • Une taxe incitative pour les propriétaires de logements vacants à Saintes.
  • 1.400 logements inoccupés recensés dans une ville de 25.000 habitants.
  • Bruno Drapron, le maire, justifie la mesure par un besoin urgent de logements.

Bruno Drapron, maire de Saintes, a défendu cette initiative lors d’une interview accordée à Anaïs Matin le 15 août dernier. Il a souligné le paradoxe actuel en France : alors que la demande de logements est en forte hausse, de nombreux biens restent inoccupés. « On a besoin d’accueillir de nouvelles personnes en ville », a-t-il affirmé, mettant en lumière la nécessité de résoudre cette situation. Actuellement, environ 1.400 logements sont vacants sur les 15.000 que compte la commune.

Le problème de l’accès à un logement social est également préoccupant. Les demandeurs doivent faire face à une attente moyenne de 24 mois, avec près de 1.600 requêtes en instance. Cette situation a conduit les autorités locales à explorer des solutions pour inciter les propriétaires à mettre leurs biens sur le marché locatif.

Concrètement, la taxe s’appliquera après deux ans de vacance d’un logement. Pour éviter cette surcharge financière, les propriétaires devront engager une location d’au moins trois mois consécutifs. Cette mesure vise à stimuler le marché locatif et à permettre une meilleure utilisation des biens immobiliers disponibles.

La réaction des propriétaires face à cette nouvelle taxe est mitigée. Certains, comme Marcel, un propriétaire d’une maison, se sont montrés hostiles à cette initiative, arguant que la liberté de choisir de louer ou non devrait primer. « Je ne comprends pas. Si on n’a pas envie de louer notre logement, on ne loue pas notre logement ! » a-t-il déclaré sur RMC.

Face à ces objections, Bruno Drapron a précisé que cette taxe n’est pas punitive, mais plutôt un moyen d’inciter à la mise en location. « Celles et ceux qui ont des biens et qui n’en font rien, je les invite à les vendre s’ils n’en veulent plus », a-t-il ajouté. Il a également mentionné que les revenus générés par cette taxe seraient utilisés pour réhabiliter les logements vacants et financer des travaux de rénovation.

Cette initiative à Saintes s’inscrit dans un contexte plus large, où des mesures similaires sont mises en œuvre dans d’autres grandes villes françaises. À Paris, par exemple, une taxe analogue sera instaurée l’année prochaine. La capitale compte actuellement 139 075 logements vacants, représentant environ 10% de l’ensemble des logements parisiens. Avec la surtaxe adoptée, un propriétaire d’un logement vacant à Paris pourrait se voir contraint de payer jusqu’à 2.800 euros dès 2028.

Ces mesures témoignent d’une prise de conscience croissante des enjeux liés à l’accès au logement en France et d’une volonté des municipalités d’agir pour améliorer la situation. En instaurant des taxes incitatives, les villes espèrent créer des solutions durables pour répondre aux besoins de leurs habitants.