Monique Barbut envisage de mobiliser l’épargne des Français pour le climat

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a exprimé son souhait de financer l’adaptation au changement climatique en mobilisant l’épargne des Français. Dans un entretien accordé à Libération, elle a abordé cette idée novatrice tout en évoquant sa position au sein du gouvernement.

EN BREF

  • Monique Barbut propose de financer l’adaptation au changement climatique via l’épargne des Français.
  • Elle reste au gouvernement malgré une démission initialement annoncée.
  • La ministre se concentre sur trois priorités : adaptation, forêt et santé environnementale.

Lors de cet entretien, Monique Barbut a déclaré : « Je peux me sentir plus fragile mais pas fragilisée. Les articles publiés dans la presse cet été ne viennent pas que des oppositions… Je ne suis pas dupe. Certains aimeraient que je ne sois plus là. Il faudra encore me supporter. » Cette déclaration fait écho à sa récente annonce de démission suite à l’adoption d’une loi qu’elle contestait, mais elle a finalement décidé de rester en poste, obtenant des garanties sur des sujets qui lui tiennent à cœur.

Les priorités de Monique Barbut sont claires. Elle a souligné : « J’ai trois grandes priorités : l’adaptation, la forêt et la santé environnementale sur lesquelles j’ai fait et ferai des propositions. Tant que ces sujets avancent, la question de mon avenir au gouvernement ne se pose pas. »

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a récemment chargé Madame Barbut de lui soumettre d’ici octobre de nouvelles mesures pour « accélérer » la mise en œuvre du Plan national d’adaptation au changement climatique. Ce plan, essentiel face aux crises environnementales croissantes, est devenu un enjeu majeur pour le gouvernement français.

Concernant le financement de ces initiatives, Monique Barbut a évoqué la possibilité de recourir à la Caisse des dépôts pour mobiliser l’épargne des Français. Elle a déclaré : « Pour ce qui est du financement, les ressources de l’État étant ce qu’elles sont, je voudrais creuser la piste d’un financement via la Caisse des dépôts issu de l’épargne des Français. » Cette proposition pourrait représenter un tournant dans la manière dont la France envisage le financement de ses politiques environnementales.

En parallèle, elle a mentionné un autre sujet de préoccupation : le cadmium, un métal lourd toxique. Le gouvernement prépare un décret visant à réduire sa présence dans les engrais phosphatés. Monique Barbut a proposé de fixer une norme maximale de 20 milligrammes par kilogramme à horizon 2030, alors que la norme actuelle est de 90 mg/kg. Ce changement serait une avancée significative pour la santé publique et l’environnement.

Enfin, elle a commenté les récentes décisions du Conseil constitutionnel concernant la loi d’urgence agricole, saluant des clarifications jugées « utiles ». Elle a également rassuré sur la nécessité de respecter l’intégrité scientifique des décisions prises par l’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire.

Monique Barbut se positionne ainsi comme une figure centrale dans la lutte contre le changement climatique en France, en proposant des solutions innovantes tout en affirmant sa volonté de rester au cœur du débat politique sur ces enjeux cruciaux.

Au-delà des défis immédiats, ces propositions témoignent d’une volonté de réformer en profondeur la manière dont la France aborde ses engagements environnementaux. L’épargne des Français pourrait devenir un levier essentiel pour répondre aux crises climatiques de demain.