Trump suspend les discussions avec l’Iran, tensions croissantes avec les Émirats

Près de huit mois après le début des hostilités, le détroit d’Ormuz demeure le point névralgique des tensions entre Washington et Téhéran. Ce mardi, Donald Trump a déclaré qu’« aucune conversation ni discussion n’a lieu en ce moment ni n’est programmée avec la République islamique d’Iran ». Ces déclarations surviennent dans un contexte où les échanges diplomatiques semblent figés, malgré un certain apaisement des tensions après les frappes israélo-américaines et les répliques iraniennes des premières semaines de conflit.

EN BREF

  • Trump annonce l’arrêt des discussions avec Téhéran, exigeant un rapprochement des positions iraniennes.
  • Les Émirats arabes unis accusent l’Iran de lancer des missiles, suspendent les échanges commerciaux.
  • Le Qatar joue un rôle de médiateur, suggérant que des accords avec Oman pourraient relancer le dialogue.

Dans ses déclarations, le président américain a également insisté sur le fait que « le blocus naval reste pleinement en vigueur et effectif », tout en affirmant que « le détroit d’Ormuz est ouvert et fonctionnel ». Toutefois, ces propos contrastent avec ceux de Jared Kushner, qui avait récemment évoqué des discussions « très positives et animées ». Une source américaine a précisé que les échanges avaient été suspendus, Trump ne souhaitant pas reprendre les discussions tant que l’Iran ne se rapprocherait pas des exigences américaines.

Pour sa part, l’Iran n’affiche aucun signe de concession. Mohammad Bagher Ghalibaf, le négociateur en chef, a déclaré que le détroit ne serait pas ouvert tant que Washington n’aurait pas respecté les engagements pris lors du protocole d’accord signé en juin. Téhéran réclame notamment la levée du blocus naval, le déblocage de ses avoirs gelés et la fin des opérations militaires.

Les tensions se sont intensifiées dans la région, notamment avec les Émirats arabes unis qui ont accusé l’Iran d’avoir tiré deux missiles balistiques en direction de leur territoire. Selon le ministère émirati de la Défense, le premier missile serait tombé hors des eaux territoriales, tandis que le second aurait atterri dans celles-ci. En réponse à cette attaque, le gouvernement des Émirats a suspendu tous les échanges commerciaux et transactions financières avec l’Iran, une décision confirmée par la diplomatie émiratie sur X.

Malgré les affirmations de Trump concernant la sécurité du détroit d’Ormuz, le trafic maritime dans cette zone reste très inférieur à son niveau d’avant-guerre. Le président américain a même suggéré que le détroit puisse devenir un « territoire américain », publiant sur Truth Social une carte le représentant ainsi. Cependant, Washington semble privilégier une stratégie d’attente, misant sur les effets à long terme des sanctions économiques et du blocus maritime.

Dans ce climat tendu, le Qatar, qui joue un rôle de médiateur entre Washington et Téhéran, avance que la conclusion d’un accord entre l’Iran et Oman concernant la gestion du détroit pourrait « faciliter » la reprise des négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Les deux pays riverains discutent de la gestion future d’Ormuz, et Téhéran a affirmé que les coordonnées géographiques du tracé envisagé avaient été validées. Pour l’heure, la situation demeure complexe, et aucune reprise du dialogue n’est prévue.