Meta en procès : Les enjeux d’Instagram et Facebook pour les adolescents

Le procès tant attendu par de nombreux observateurs a débuté ce mardi devant un tribunal fédéral d’Oakland, aux États-Unis. Meta, la société mère d’Instagram et Facebook, se défend face à des accusations de plusieurs États qui lui reprochent d’avoir minimisé les dangers que ses plateformes représentent pour les adolescents. Les plaignants affirment que Meta a délibérément conçu ses applications pour favoriser une utilisation prolongée et a collecté des données d’enfants de moins de 13 ans sans le consentement de leurs parents. Les États impliqués, qui incluent la Californie, réclament des dommages-intérêts s’élevant à près de 193 milliards de dollars.

EN BREF

  • Meta comparaît devant la justice pour les effets d’Instagram et Facebook sur les jeunes.
  • Les États accusent l’entreprise de dissimuler les risques de ses plateformes.
  • Le verdict consultatif des jurés est attendu fin septembre ou début octobre.

Ce procès est considéré comme une étape majeure dans le débat américain sur l’impact des réseaux sociaux sur les mineurs. Megan O’Neill, procureure générale adjointe de Californie, a déclaré que Meta avait mené une campagne pour tromper les utilisateurs, les législateurs, et les parents. Cette affaire est portée par quatre États, mais fait partie d’un ensemble plus large de poursuites impliquant également d’autres géants des réseaux sociaux comme TikTok, Snapchat, et YouTube.

La défense de Meta rejette toute accusation de dissimulation. Paul Schmidt, l’avocat de l’entreprise, a affirmé que Meta avait reconnu que certaines personnes pouvaient avoir des difficultés à gérer leur utilisation des réseaux sociaux et qu’elle avait tenté de concevoir des outils pour les aider. Cependant, l’accusation a qualifié ces dispositifs de « barrières en papier de soie », soulignant que seulement 0,2 % des adolescents avaient utilisé l’option « faire une pause » mise en place par Meta.

Les procureurs s’appuient également sur des documents internes de l’entreprise, dans lesquels des employés évoquent des fonctionnalités exploitant les faiblesses psychologiques des utilisateurs. En réponse, Paul Schmidt a soutenu que ces documents provenaient d’équipes dont la mission était de prévenir tout préjudice causé par la plateforme, indiquant que des efforts étaient en cours pour résoudre les problèmes identifiés.

Un autre point central de la défense concerne les filtres de retouche d’image, souvent associés à des pratiques de chirurgie esthétique. L’accusation avance que Meta avait suspendu ces filtres en 2019, avant de les rétablir malgré des avertissements d’experts sur leurs effets néfastes. La défense, pour sa part, soutient que l’entreprise a pris le temps d’évaluer les risques avant de rétablir les filtres, arguant qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes de leur dangerosité.

L’issue de cette procédure pourrait avoir des répercussions sur la manière dont Facebook et Instagram fonctionnent aux États-Unis. Les huit jurés devront rendre un verdict consultatif d’ici la fin septembre ou le début octobre, mais la décision finale reviendra à la juge Yvonne Gonzalez Rogers. Parmi les premiers témoins entendus, Arturo Bejar, ancien ingénieur chez Meta, a décrit une culture d’entreprise axée sur l’innovation rapide, parfois au détriment de la sécurité des utilisateurs. Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, est également attendu à la barre pour témoigner durant le procès.