En 2023, la ville de Saint-Brevin-les-Pins, située en Loire-Atlantique, vivait des moments de tension intense à la suite du déménagement d’un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile, le Cada. Ce déménagement, qui devait avoir lieu à proximité d’une école primaire, avait suscité des manifestations menées par des groupuscules d’extrême droite. Ces événements avaient conduit à des violences, notamment à l’incendie du domicile de l’ancien maire, le poussant à démissionner. Aujourd’hui, la situation semble apaisée, et la nouvelle maire, Dorothée Pacaud, élue en mars dernier, évoque un retour à la normale.
EN BREF
- Le déménagement du Cada à Saint-Brevin a entraîné des tensions et des violences en 2023.
- Dorothée Pacaud, la nouvelle maire, a été mise sous protection en raison de menaces.
- Trois ans après, l’intégration des réfugiés se passe bien, avec un soutien des habitants.
Dorothée Pacaud, qui était première adjointe en charge de la culture au moment des tensions, se rappelle que tout cela s’est produit de manière inattendue et violente. Elle a dû faire face à des menaces et a été placée sous protection par l’État durant plusieurs mois. Malgré ces défis, elle a tenu bon, déclarant : « On est dans un tel tourbillon qu’on n’a pas vraiment le temps d’avoir peur finalement. » Elle reconnaît cependant avoir eu des appréhensions à l’approche de l’ouverture du centre, mais celles-ci se sont rapidement dissipées.
Le centre d’accueil a finalement ouvert ses portes, et les craintes initiales semblent s’être envolées. Dans le quartier abritant le Cada, à quelques pas de l’océan, les résidents et les riverains cohabitent pacifiquement. Robert Gomez, président du collectif des Brévinois attentifs et solidaires, souligne les efforts déployés pour établir un lien fort entre les habitants de Saint-Brevin et les résidents du centre.
Les parents d’élèves, qui avaient exprimé de vives inquiétudes au début, témoignent également d’une évolution positive. Élodie, mère de quatre enfants et représentante des parents d’élèves, raconte comment elle avait envisagé de changer d’école à cause des appréhensions, mais a décidé de rester et d’observer. Elle conclut, soulagée : « Finalement, ça se passe bien. » Les enfants, quant à eux, semblent s’approprier cette nouvelle réalité et interagissent avec les résidents du Cada, soulignant une intégration réussie.
La maire, Dorothée Pacaud, exprime sa fierté face à cette situation, affirmant que l’intégration des nouveaux habitants est une réussite collective. « C’est une fierté et surtout une satisfaction de ne pas avoir plié face à une toute petite minorité », déclare-t-elle. Elle rappelle que la ville compte près de 15 000 habitants et que le mouvement d’opposition au Cada n’était constitué que d’une poignée de personnes, souvent extérieures à la commune.
Le retour aux urnes de Dorothée Pacaud en mars dernier a confirmé son soutien au sein de la population. Elle a été réélue dès le premier tour, sans se retrouver face à une liste d’extrême droite. Cela témoigne d’un changement d’attitude parmi les citoyens, qui semblent avoir compris la nécessité de l’accueil et de la solidarité envers les réfugiés.
En somme, trois ans après une période de violences et de tensions, Saint-Brevin-les-Pins a su tourner la page. Les habitants et les réfugiés cohabitent désormais harmonieusement, illustrant que même face à l’adversité, la solidarité et l’intégration peuvent triompher.