Canicule : plus de 7 300 décès en France, délais de crémation allongés

Les fortes chaleurs de cet été ont eu des conséquences tragiques en France, avec un bilan alarmant des décès. Plus de 7 300 personnes ont perdu la vie depuis le début de l’année, selon les chiffres publiés par Santé Publique France le mercredi 19 août. Ce bilan, déjà lourd, pourrait encore s’alourdir, car il ne prend pas en compte la troisième vague de chaleur qui a sévi récemment.

EN BREF

  • Plus de 7 300 décès liés à la canicule ont été recensés depuis le début de l’année.
  • Les personnes âgées de plus de 75 ans représentent les trois quarts des décès excédentaires.
  • Les délais de crémation ont atteint jusqu’à 15 jours dans certaines régions.

Durant la deuxième vague de chaleur, qui s’est produite entre le 5 et le 22 juillet, l’Institut a enregistré 1 243 décès excédentaires. Les personnes âgées, notamment celles de plus de 75 ans, ont été les plus touchées, représentant une écrasante majorité des victimes.

La canicule a impacté toutes les régions françaises, à l’exception de la Corse, qui a connu des températures moins élevées. La région des Pays de la Loire a été particulièrement durement touchée, avec 236 décès supplémentaires par rapport à la normale. En réponse à cette situation tragique, des professionnels du secteur funéraire, comme Bruno, conseiller funéraire à Blain en Loire-Atlantique, ont observé une saturation des services. Il a rapporté que les délais de crémation avaient atteint près de 15 jours, une situation sans précédent.

Bruno a également constaté que sur plusieurs certificats de décès, la déshydratation était souvent mentionnée comme cause principale. Cette surmortalité a également été notée dans les hôpitaux, où les services ont été pris d’assaut durant les périodes de chaleur extrême.

Benjamin Delrue, infirmier et représentant syndical FO au CHU d’Angers, a précisé que la situation était telle qu’un semi-remorque réfrigéré avait dû être utilisé comme chambre mortuaire, soulignant la gravité de la crise. Ce véhicule, de grande capacité, était nécessaire pour gérer le nombre élevé de décès. Benjamin Delrue a insisté sur le fait que cette canicule était d’une intensité rare.

Selon les données communiquées par Santé Publique France, le Maine-et-Loire, où se situe le CHU d’Angers, a enregistré un taux de mortalité supérieur de 25 % à la normale durant cette période. D’autres régions, telles que l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Bretagne, ont également connu une hausse significative des décès, avec respectivement 163 et 152 décès supplémentaires.

Le ministère de la Santé a également indiqué que cette tendance à la hausse des décès était observée tant en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) qu’à domicile, mettant en lumière l’ampleur des effets de la canicule sur la population vulnérable.

Ce bilan tragique est un appel à une prise de conscience collective sur les conséquences des vagues de chaleur, notamment pour les personnes âgées et fragiles. Il soulève des questions sur les mesures de prévention et de protection à mettre en œuvre pour éviter de telles tragédies à l’avenir.