Une campagne discrète mais essentielle a été lancée par le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes. S’intitulant « L’excision ne doit jamais faire partie du voyage », elle vise à sensibiliser les familles ancrées dans des traditions culturelles strictes, qui emmènent leurs filles à subir cette pratique en dehors de France. Cette question, bien que taboue, soulève des enjeux cruciaux en matière de droits des enfants et de santé publique.
EN BREF
- Une campagne ministérielle vise à sensibiliser sur l’excision des filles.
- Près de 140.000 femmes excisées vivent en France.
- Des réseaux clandestins d’excision existent sur le territoire français.
Les chiffres sont alarmants : près de 140.000 femmes excisées résident actuellement en France. Cette situation, qui reste souvent dans l’ombre, est mise en lumière par des voix engagées, notamment celles des Grandes Gueules. Abel Boyi, éducateur, affirme que l’excision est l’une des violences faites aux enfants souvent éludées dans le discours politique. Selon lui, il est impératif de rendre hommage à celles qui partagent leur vécu sur les réseaux sociaux, mettant en avant une vague de témoignages inédits depuis un an et demi.
Abel Boyi recadre le débat en expliquant que l’excision n’est pas uniquement une question religieuse. « C’est une question de culture, pas de religion », insiste-t-il, tout en soulignant le silence politique qui entoure ce sujet délicat. Il dénonce une responsabilité partagée entre les partis politiques, qui appréhendent le sujet de peur d’être accusés de racisme ou de stigmatisation.
Du côté de la droite, particulièrement l’extrême droite, Boyi mentionne une instrumentalisation de la cause pour alimenter des discours xénophobes. Il pointe également l’existence de réseaux clandestins d’excision en France, précisant que certaines régions, comme l’Île-de-France, les Hauts-de-France et les Bouches-du-Rhône, sont particulièrement touchées. « Des médecins français participent à ces pratiques illégales », révèle-t-il, décrivant un schéma où des jeunes filles sont envoyées « en voyage » et en reviennent excisées.
Joëlle Dago-Serry, coach de vie et chroniqueuse, ne cache pas son indignation face à la campagne ministérielle. Pour elle, le message véhiculé par l’affiche est bien trop léger par rapport à la gravité de l’excision. « Cela devrait être traité avec la même intensité que les avertissements sur les paquets de cigarettes », propose-t-elle, suggérant d’inclure des images chocs et des informations précises sur les peines encourues.
Elle rappelle également une expérience personnelle marquante : une amie, consciente de son imminent mariage forcé, s’était tragiquement défenestrée. Cette anecdote souligne l’urgence d’aborder le sujet de manière directe et sans tabou.
Enfin, Joëlle Dago-Serry met en garde contre les nouvelles dynamiques qui émergent, notamment celles de personnes originaires du Mali vivant en Europe, qui promeuvent activement l’excision. « Il faut les stopper », conclut-elle avec fermeté.
Face à ces dénonciations, il devient urgent que la société, ainsi que les institutions, prennent conscience de la gravité de l’excision et des violences faites aux enfants. Le silence ne doit plus être une option.