La santé sexuelle des Français est en pleine transformation. Plusieurs évolutions récentes, tant médicales que sociales, apportent un nouveau regard sur notre intimité. Parmi ces changements notables, on retrouve la hausse significative des vasectomies, l’augmentation des demandes de congélation des ovocytes, les préoccupations liées aux microplastiques et une meilleure prise en compte de la sexualité des seniors.
EN BREF
- La vasectomie en forte hausse, dépassant les stérilisations féminines.
- Les demandes de congélation des ovocytes augmentent rapidement depuis 2021.
- La sexualité des seniors est mieux reconnue, mais des obstacles demeurent.
La vasectomie connaît un essor important en France. Selon l’étude nationale EPI-PHARE, le nombre d’interventions a été multiplié par quinze en seulement douze ans, passant de 1 940 en 2010 à 30 288 en 2022. Pour la première fois, les stérilisations masculines ont surpassé celles des femmes en 2021 et 2022. Les hommes concernés avaient en moyenne 41,7 ans et étaient souvent issus de milieux favorisés. Cependant, il est important de noter que ces chiffres ne garantissent pas 30 000 interventions annuelles de manière systématique, car l’étude ne couvre pas au-delà de 2022.
La vasectomie est une intervention définitive, bien que des tentatives de rétablissement de la fertilité puissent être envisagées. Néanmoins, ces dernières n’offrent aucune garantie de succès. Il convient également de souligner que cette opération n’affecte ni la production de testostérone, ni l’érection, l’éjaculation ou le plaisir sexuel. Une autre méthode contraceptive est toujours nécessaire jusqu’à ce qu’un spermogramme confirme l’absence de spermatozoïdes, ce qui peut prendre plusieurs semaines après l’intervention. Par ailleurs, l’Assurance maladie impose un délai légal de réflexion de quatre mois avant la procédure.
Un autre changement majeur concerne l’autoconservation des ovocytes, autorisée depuis la loi de bioéthique de 2021. Les femmes peuvent désormais demander la congélation de leurs ovocytes sans nécessité médicale, entre 29 et 37 ans. Cette option connaît une forte augmentation, avec 15 550 demandes de première consultation enregistrées en 2024, contre seulement 1 460 entre octobre et décembre 2021. Au total, 11 595 femmes avaient déjà bénéficié d’au moins une congélation à la fin de 2024. Néanmoins, le délai de prise en charge, qui atteint en moyenne 13 mois, peut poser problème pour celles approchant l’âge limite. L’Agence de la biomédecine souligne également que 54 % des demandes proviennent d’Île-de-France.
Les préoccupations environnementales se mêlent également à la santé sexuelle. En 2024, des chercheurs de l’Université de Miami ont mis en évidence la présence de microplastiques dans des tissus péniens humains. Bien que cette étude ne prouve pas que ces particules entraînent des dysfonctions érectiles ou une baisse de fertilité, elle souligne la nécessité de poursuivre les recherches sur les effets potentiels de ces polluants. À ce jour, aucune étude n’a démontré que le port de sous-vêtements en fibres naturelles protège spécifiquement les organes reproducteurs contre les microplastiques. Réduire l’utilisation de plastiques jetables pourrait diminuer certaines expositions, mais cela ne garantit pas l’élimination des microplastiques déjà présents dans l’organisme.
En parallèle, l’activité physique régulière est souvent associée à une meilleure santé sexuelle. Toutefois, un entraînement excessif, associé à une alimentation insuffisante, peut nuire à la libido. Ce phénomène est connu sous le nom de déficit énergétique relatif dans le sport, ou RED-S. Ce déséquilibre peut entraîner des troubles menstruels chez les femmes et des perturbations de la libido ou des érections chez les hommes. Le Comité international olympique insiste sur l’importance de l’alimentation, du repos et de la récupération pour maintenir un équilibre sain.
Enfin, la sexualité des seniors est un sujet de plus en plus abordé. Malgré les changements physiologiques liés à l’âge, comme la ménopause ou certaines maladies, la sexualité ne disparaît pas. Un sondage OpinionWay réalisé en 2024 a révélé qu’environ un senior sur dix de 65 ans ou plus utilisait ou possédait un sextoy, témoignant d’une évolution des mentalités. Cependant, il est essentiel de rester prudent dans l’interprétation de ces résultats, étant donné qu’ils proviennent d’une enquête commerciale.
Les difficultés sexuelles, telles que les douleurs pendant les rapports ou les troubles de l’érection, ne doivent pas être considérées comme des fatalités liées à l’âge. Ces préoccupations peuvent et doivent être abordées avec des professionnels de santé, tels que des médecins, gynécologues, urologues ou sexologues, afin d’améliorer la qualité de vie sexuelle des seniors.