Dans la Somme, Vincent Morgant lutte pour maintenir son école et attirer les familles

À l’approche de la rentrée scolaire, la problématique des fermetures de classes dans les villages français émerge à nouveau. De nombreux villages ruraux, tels que Tincourt-Boucly dans la Somme, voient leurs écoles menacées. Vincent Morgant, maire sans étiquette de la commune, s’engage avec détermination pour préserver son école et inciter de nouvelles familles à s’installer.

EN BREF

  • Vincent Morgant, maire de Tincourt-Boucly, combat la fermeture d’une classe.
  • La commune investit 350.000 euros pour étendre l’école et attirer de jeunes familles.
  • Des initiatives locales visent à revitaliser le village et son économie.

Vincent Morgant, débordant d’énergie, arpente les rues de son village de 380 habitants. Au cœur de Tincourt-Boucly, les cris des enfants devant l’école résonnent, symbole d’une vie communautaire vibrante. Pour le maire, la présence d’une école est essentielle, tant pour le bien-être des enfants que pour l’activité économique du village. « C’est ce qui nous irrigue », affirme-t-il, soulignant l’importance de l’école dans la dynamique de la commune.

Cependant, l’annonce de la fermeture d’une des cinq classes pour l’année scolaire à venir suscite de vives inquiétudes parmi les habitants. Christine, une résidente, fait part de ses craintes : « On ne pense pas au bien-être des enfants. » Agnès, une autre habitante, s’interroge : « Cela va obliger à regrouper plusieurs niveaux dans une seule classe. Pourquoi ferme-t-on des classes s’il y a encore des enfants ? » La tension palpable dans la communauté est un reflet des enjeux plus larges auxquels font face de nombreux villages en France.

Pour contrer cette tendance, la municipalité a décidé de lancer des travaux d’extension de l’école. Vincent Morgant annonce fièrement : « Nous allons arriver au CM1-CM2 et là nous rentrons dans la partie chantier. » Ces travaux, représentant un investissement de 350.000 euros, témoignent de la volonté du maire de doter sa commune d’infrastructures adaptées et accueillantes pour les jeunes familles.

Les efforts du maire semblent porter leurs fruits. Les prix de l’immobilier dans la région sont en hausse et les ventes de biens se font plus rapidement. « La commune peut accueillir », insiste-t-il, en évoquant les témoignages de nouvelles familles, comme celle de Camille, jeune maman installée depuis trois ans. Elle déclare : « J’aurais bien aimé que mon bébé ait d’autres copains. » Ce constat met en lumière le besoin urgent de dynamiser la population jeune du village.

Vincent Morgant montre également des maisons récemment vendues à de jeunes couples. Face à la difficulté des petits commerces à survivre, il envisage d’implanter un « drive rural », permettant aux villageois de passer des commandes à des grandes surfaces et de les récupérer localement. Une initiative qui pourrait revitaliser l’économie du village tout en répondant aux besoins des habitants.

Quand on lui évoque le vieillissement des campagnes françaises, le maire reste ferme : « Ce n’est certainement pas une fatalité. C’est une question de choix politique. » Avec plus de 31 ans d’expérience en tant qu’élu municipal et un troisième mandat de maire, il demeure convaincu que l’humain doit toujours primer. « Au risque de paraître un peu têtu et obstiné, j’y crois toujours », lâche-t-il avec conviction.

Cette détermination se traduit par le développement d’activités périscolaires, de garderies et d’un centre de loisirs. Vincent Morgant souhaite offrir des services adaptés aux familles, prouvant ainsi que son engagement va bien au-delà des simples mots. « Avec le vieillissement, certains ressentent moins d’envies, mais nous, on ne veut pas mourir », conclut le maire, mettant en avant son souhait de voir son village prospérer.

Le combat de Vincent Morgant pour son école et son village est un exemple de la lutte quotidienne que mènent de nombreux maires en France. Alors que les fermetures de classes menacent l’avenir de nombreuses communes rurales, son engagement démontre qu’il est possible de croire en un avenir meilleur pour les générations futures.