Le 24 août 2023, une enquête a été ouverte par le Parquet national financier (PNF) à l’encontre de Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, pour des soupçons de détournement de fonds publics. Cette initiative fait suite à deux plaintes déposées par l’association AC Anti-Corruption, qui soulèvent des interrogations sur les conditions d’emploi de l’élu à la RATP.
EN BREF
- Une enquête pour détournement de fonds publics est ouverte contre Bally Bagayoko.
- Les plaintes proviennent de l’association AC Anti-Corruption.
- La RATP défend l’intégrité de l’emploi de Bagayoko, affirmant qu’il a été recruté selon les règles.
La décision de lancer cette enquête a été communiquée par le PNF, qui a précisé vouloir « procéder aux vérifications utiles concernant les conditions d’emploi » de Bally Bagayoko, au cœur d’une polémique médiatique. En effet, un article du Canard enchaîné avait mis en lumière le parcours de l’élu, qui a successivement occupé un mandat local tout en étant cadre à la RATP. Les allégations évoquent des pratiques de « recrutement sans concours », des « horaires élastiques » et des « généreuses indemnités », suscitant ainsi des doutes sur la légitimité de son emploi.
Marcel Claude, président de l’association AC Anti-Corruption, a exprimé sa satisfaction face à l’ouverture de cette enquête. Pour lui, l’objectif est clair : défendre l’argent public. « C’est le seul moteur de notre action, et rien d’autre », a-t-il déclaré. Ce positionnement soulève néanmoins des critiques, notamment de la part de Bally Bagayoko lui-même, qui considère ces accusations comme une manœuvre visant à le discréditer politiquement. « On n’a pas affaire à un maire délinquant, et encore moins à un maire bénéficiant d’un emploi fictif ou d’un détournement de fonds publics », a-t-il affirmé dans une interview accordée au Parisien, mi-août.
La RATP, quant à elle, a vigoureusement défendu son ancien employé, rejetant les allégations d’emplois de complaisance. Dans un communiqué, elle a précisé que Bally Bagayoko avait été recruté en 2001 après avoir passé des entretiens d’embauche et ceux nécessaires à sa titularisation, comme le prévoit la procédure pour tous les agents de l’entreprise. La RATP se dit prête à fournir « toutes les pièces et documents » que la justice pourrait demander pour faire la lumière sur cette affaire.
La situation de Bally Bagayoko a également suscité des réactions parmi ses collègues élus de Seine-Saint-Denis. Plusieurs d’entre eux, y compris certains de ses opposants, ont témoigné de son professionnalisme et de son engagement à la RATP. François Pupponi, ancien maire de Sarcelles, a loué ses compétences en déclarant : « C’était quelqu’un de compétent. Dès qu’on avait un problème ou qu’on voulait contacter la RATP, c’est vers lui qu’on se tournait. » Jean-Louis Marsac, ancien maire PS de Villiers-le-Bel, a également reconnu ses qualités.
À ce stade de l’enquête, il est essentiel de rappeler que Bally Bagayoko demeure présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. Les investigations en cours permettront d’éclaircir les zones d’ombre entourant son parcours professionnel et son rôle en tant que maire de Saint-Denis.