Philippe Bouvard : réflexions sur sa vie, son mariage et l’époque actuelle

À 91 ans, Philippe Bouvard, figure emblématique du paysage médiatique français, se livre avec une franchise désarmante dans une interview accordée à Gala. L’homme qui a marqué des générations par son humour et sa sagacité évoque son parcours, sa relation avec son épouse Colette, ainsi que son regard sur la société contemporaine.

EN BREF

  • Philippe Bouvard parle de son mariage avec Colette, qu’il décrit comme un soutien indéfectible.
  • Il évoque ses regrets concernant son comportement de mari et sa vie professionnelle intense.
  • Il partage sa vision critique de l’époque actuelle et de la société moderne.

Philippe Bouvard, en résidence à Cannes, se remémore son premier voyage dans cette ville à l’âge de huit ans, un moment marquant qui l’a poussé à vouloir y finir ses jours. Évoquant sa vie de couple, il souligne la patience de Colette, sa femme, qui a traversé les années à ses côtés, passant du statut de jeune mariée à celui d’arrière-grand-mère. Il ne cache pas qu’il n’a pas toujours été un « mari exemplaire », un aveu qui témoigne d’une certaine humilité et d’une prise de conscience de son parcours.

Un regard sur l’amour et la fidélité

Dans ses confidences, Bouvard aborde la question des incartades. Il admet avoir eu des passions mais précise que celles-ci n’ont jamais menacé son mariage. « Je n’ai pas été un mari exemplaire, loin de là », confie-t-il, tout en reconnaissant que son épouse a toujours su faire preuve d’indulgence envers lui. Un sentiment qui semble nourrir une admiration profonde pour la force de caractère de Colette, qu’il décrit comme la « reine de la ruche familiale ».

Ce qui unit le couple, selon lui, c’est un mélange d’amour pour leur famille et une passion partagée pour l’actualité, qu’il qualifie de « fiascos » à la fois fascinants et déstabilisants. En effet, Bouvard souligne l’importance des « chères têtes blondes », évoquant ses enfants et petits-enfants comme des piliers de sa vie. Il se définit non pas comme un séducteur, mais plutôt comme un « coureur » qui a su apprécier la beauté de la vie, tout en se souciant des autres.

Une critique de la société contemporaine

Dans un élan de lucidité, Philippe Bouvard se penche sur l’époque actuelle, qu’il trouve incohérente et souvent déconcertante. « On est gouvernés par des gens dépassés », déclare-t-il, exprimant son étonnement face aux restrictions des libertés qui semblent se multiplier. La pandémie et le climat social tendu sont des thèmes qui le préoccupent. Il évoque sa réticence à s’engager sur les réseaux sociaux, qu’il considère comme des lieux de « tribunaux populaires » où chacun peut juger sans discernement.

En tant que fervent défenseur des droits des femmes, Bouvard se dit féministe et exprime son soutien au mouvement #MeToo, affirmant sa préférence pour collaborer avec des femmes qu’il juge souvent plus subtiles et intelligentes. Ce discours témoigne de son respect profond pour la gent féminine, tout en reconnaissant les travers de ses propres comportements passés.

Évoquant les amitiés qui ont jalonné sa vie, il se remémore avec émotion les pertes de ses amis chers, comme Jean Dutourd, soulignant la tristesse qui accompagne le grand âge. « La principale tristesse du grand âge, c’est de les avoir perdus », confie-t-il, tout en affirmant que son bonheur provient majoritairement de sa vie professionnelle.

À 91 ans, Bouvard continue d’écrire et de s’investir dans ses projets, prouvant ainsi que la passion pour son métier ne s’éteint jamais. Il se voit comme un homme chanceux, comblé par ses souvenirs et ses expériences, tout en demeurant lucide sur les réalités de la vie.

Philippe Bouvard conclut en partageant sa vision de la vieillesse, teintée d’une certaine mélancolie. Il se dit heureux, malgré la réduction de ses sources de bonheur, et aspire à laisser un souvenir positif derrière lui. « Je voudrais qu’on dise de moi que je n’étais pas trop con et pas très paresseux », confie-t-il, un témoignage de son désir de léguer une empreinte mémorable, aussi légère soit-elle.

La réflexion de Bouvard sur sa vie, ses relations et son regard critique sur la société d’aujourd’hui résonne comme un écho des préoccupations de nombreux contemporains, oscillant entre nostalgie et espoir.