Hausse des franchises médicales : les patients dénoncent une mesure injuste

À partir du 1er octobre, le gouvernement mettra en œuvre une augmentation du plafond des franchises médicales, qui passera de 100 euros à 140 euros par an. Annoncée en juillet sur RMC, cette hausse, bien que moins importante que prévue, suscite de vives réactions au sein des associations de patients.

EN BREF

  • Le plafond des franchises médicales augmente de 100 à 140 euros à partir du 1er octobre.
  • Cette hausse touchera 48 millions de personnes, avec un coût moyen de 10 euros supplémentaires par an.
  • Des associations estiment que cette mesure est « injuste » et « culpabilisante » pour les patients.

Cette décision impactera directement **48 millions de personnes**, dont certains sont déjà exonérés de ce coût. Les assurés concernés devront s’attendre à un coût supplémentaire d’environ **10 euros** par an en moyenne, et jusqu’à **24 euros** pour ceux souffrant d’affections longues durées (ALD). La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a justifié cette augmentation en l’indexant sur l’inflation, la présentant comme un effort « plus juste financièrement ».

Pourtant, de nombreux patients et associations ne partagent pas cet avis. Yvanie Caillé, présidente de l’association Renaloo, qui œuvre pour les personnes atteintes de maladies rénales, a déclaré : « C’est un vrai impôt sur la maladie ». Son témoignage met en lumière le sentiment d’injustice face à une mesure qui semble pénaliser les plus vulnérables.

Des représentants d’autres associations, telles que France Assos Santé, rejoignent ce constat. Leur président, Gérard Raymond, a souligné que cette hausse « culpabilise ceux qui consomment le plus de soins », sans prendre en compte les raisons pour lesquelles ces soins sont nécessaires. Il a ajouté que « ce n’est peut-être pas leur faute qu’ils consomment du soin », une critique qui souligne les défis auxquels font face de nombreux patients.

Sur le plan économique, la mesure devrait rapporter entre **300 et 400 millions d’euros** à l’État. Cependant, cet objectif financier est contesté par des experts, comme l’économiste Frédéric Bizard, qui met en garde contre les conséquences potentielles de cette politique. Selon lui, toucher les plus modestes et les plus malades peut entraîner un **renoncement aux soins**, ce qui pourrait, à terme, aggraver leur état de santé et entraîner des coûts plus élevés pour la Sécurité sociale.

Le projet de décret visant à relever ce plafond a été soumis à l’Assurance maladie pour consultation le **24 août**. Cette décision, bien qu’économiquement motivée, soulève des questions éthiques et pratiques sur la manière dont la France prend en charge la santé de ses citoyens, en particulier les plus fragiles.

En somme, cette hausse des franchises médicales fait débat et met en exergue des inégalités au sein du système de santé. Les avis sont partagés, mais un consensus semble se dessiner autour de la nécessité de repenser la manière dont les soins sont financés et accessibles, afin d’éviter que la santé devienne un luxe pour certains.