Passer presque un mois sur les routes d’Europe, dormir dans la cabine d’un camion et ne voir ses proches que quelques jours par mois, tel est le quotidien de Miriam, une jeune Argentine devenue camionneuse internationale pour une entreprise espagnole. Sur Instagram, elle partage sans filtre les coulisses de ce mĂ©tier exigeant, entre logistique minutieuse et sacrifices personnels. Son tĂ©moignage illustre parfaitement les dĂ©fis auxquels sont confrontĂ©s ceux qui choisissent cette voie.
EN BREF
- Miriam, camionneuse argentine, parcourt l’Europe pour son travail.
- Elle passe 22 à 24 jours sur la route, avec des pauses trÚs limitées.
- Elle encourage les femmes Ă rejoindre un secteur majoritairement masculin.
Miriam conduit un semi-remorque Ă travers l’Espagne, la France, l’Italie, l’Allemagne et la Pologne, livrant des marchandises Ă travers le continent. Ce mĂ©tier, encore largement masculin, reflĂšte les inĂ©galitĂ©s de genre prĂ©sentes dans de nombreux secteurs professionnels, comme en tĂ©moigne le classement des mĂ©tiers les plus occupĂ©s par les hommes en France.
Le rythme de travail de Miriam est particuliĂšrement intense. « Je passe entre 22 et 24 jours dâaffilĂ©e sur la route », confie-t-elle au mĂ©dia argentin La Razon. Sa cabine de camion devient ainsi son logement principal, loin de l’image traditionnelle d’un simple poste de conduite.
Ce secteur, Ă la fois exigeant et recherchĂ©, s’inscrit dans une problĂ©matique plus large : de nombreux mĂ©tiers peinent Ă recruter en France. Le transport routier international fait partie des secteurs en pĂ©nurie, malgrĂ© des conditions de vie difficiles.
Lorsque Miriam rentre enfin chez elle, ses pauses sont de courte durée. Pendant la basse saison, elle ne dispose souvent que de trois à quatre jours avant de reprendre la route. « Je veux voir mes amis et me reposer, mais je dois aussi tout préparer pour le prochain voyage, et ça devient compliqué avec si peu de temps », explique-t-elle au journal Clarin.
Pour optimiser ce temps limité, elle a développé une organisation efficace. Elle fait ses courses dans un supermarché situé sur son trajet de retour, afin de ne perdre aucune minute. à son retour, elle consacre une journée entiÚre à préparer ses repas pour les semaines à venir.
Le rĂ©sultat est impressionnant : jusqu’Ă 40 portions de repas individuelles, conditionnĂ©es et stockĂ©es dans un congĂ©lateur de 55 litres installĂ© dans son camion. Cette logistique rigoureuse rappelle l’importance d’une bonne organisation dans la vie quotidienne, Ă l’image des astuces permettant dâĂ©viter les mauvaises surprises sur la route.
Cette discipline lui permet de prĂ©server chaque minute de repos, une ressource rare dans son mĂ©tier. « La seule chose que je cuisine dans le camion, ce sont des crĂȘpes. PrĂ©parer le dĂ©jeuner ou le dĂźner pendant que le camion roule est extrĂȘmement inconfortable », confie-t-elle.
Miriam utilise Ă©galement sa visibilitĂ© pour encourager d’autres femmes Ă se lancer dans le transport routier, un domaine encore dominĂ© par les hommes. Elle offre des conseils pratiques Ă celles qui souhaitent suivre ses traces, notamment sur l’apprentissage des langues comme l’anglais et le français, essentielles pour circuler d’un pays Ă l’autre.
MalgrĂ© la duretĂ© de son rythme de vie, Miriam exprime sa satisfaction quant Ă sa situation actuelle et Ă son salaire europĂ©en. « Je continue dâapprendre chaque jour. Lâobjectif est dâĂȘtre une excellente professionnelle. On est toujours Ă une dĂ©cision prĂšs de rĂ©ussir », souligne-t-elle Ă ses abonnĂ©s.
Vingt-quatre jours de route contre trois jours de vie personnelle : cette équation semble difficile à tenir, mais Miriam parvient à équilibrer ses exigences professionnelles et personnelles grùce à une préparation minutieuse. Son parcours rappelle que certains métiers, loin des clichés, demandent une discipline de fer pour préserver un semblant de vie équilibrée.