À partir du 1er septembre 2026, les modalités d’application du tiers payant en pharmacie vont connaître des changements significatifs. Ces modifications concernent particulièrement les médicaments génériques, hybrides et biosimilaires, et pourraient avoir un impact sur de nombreux patients.
EN BREF
- Le tiers payant sera suspendu en cas de refus de substitution de médicaments hybrides ou biosimilaires.
- Les patients devront avancer les frais des médicaments, puis demander un remboursement.
- Les conditions de remboursement dépendront du prix du médicament proposé par la pharmacie.
Depuis plusieurs années, les patients qui refusent qu’un médicament générique remplace leur traitement de référence doivent avancer les frais, sauf si une justification médicale est fournie. Avec la nouvelle réglementation qui prendra effet en septembre 2026, ce principe sera élargi aux traitements hybrides et biosimilaires, conformément à l’article L. 162-16-7 du Code de la sécurité sociale, modifié par la Loi de financement de la Sécurité sociale.
Concrètement, si un patient refuse une substitution proposée par la pharmacie, il ne pourra plus bénéficier du tiers payant, qui est habituellement facilité par la carte vitale. Cela signifie qu’il devra payer l’intégralité du médicament au moment de l’achat et pourra ensuite demander un remboursement auprès de l’Assurance maladie. Ce changement implique également que le système de soins français ne se basera plus sur le prix du traitement de référence, mais sur le prix du médicament effectivement proposé en pharmacie.
Si le prix du médicament proposé est supérieur à celui du traitement de référence, le patient sera tenu de payer la différence. En revanche, si le prix est inférieur ou égal, le tiers payant continuera de s’appliquer, à condition que l’ordonnance comporte la mention « non substituable » (NS) justifiée par le médecin.
Il est important de noter la différence entre les médicaments hybrides et biosimilaires. Un médicament hybride contient le même principe actif que le traitement de référence, mais peut différer par sa forme pharmaceutique (comprimé, gélule, solution buvable, etc.) ou son dosage. Quant aux médicaments biosimilaires, ils appartiennent à la même catégorie que les médicaments biologiques (comme les insulines ou hormones de croissance) et sont disponibles après l’expiration du brevet de leur traitement de référence. Ces médicaments sont rigoureusement évalués et autorisés par des organismes comme l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ou l’Agence européenne des médicaments (EMA).
Ces modifications visent à encourager l’utilisation de médicaments moins coûteux tout en permettant aux pharmaciens de proposer des alternatives aux traitements de référence. Toutefois, elles soulèvent des questions sur l’accessibilité des soins pour les patients qui, à partir de septembre 2026, devront être plus attentifs aux prescriptions et à leurs implications financières.
Avec ces réformes, il semble que le dialogue entre les patients, les médecins et les pharmaciens sera plus essentiel que jamais pour naviguer dans ce nouveau paysage médical. Les patients devront être informés des implications de leurs choix médicaux pour éviter des frais imprévus lors de l’achat de leurs médicaments.