La rentrée des classes de septembre 2023 s’annonce sous le signe de la controverse. Alors que le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, alerte sur les dangers des écrans, de nombreux parents et enseignants expriment leur désaccord face à l’omniprésence du numérique dans les établissements scolaires. Ces derniers s’inquiètent du rôle grandissant des applications comme Pronote, qui font désormais partie intégrante de la vie scolaire des élèves.
EN BREF
- Les portables sont interdits dans les établissements scolaires, de la maternelle au lycée.
- Certains parents demandent un droit à la déconnexion pour leurs enfants.
- Des établissements remplacent Pronote par des méthodes traditionnelles, comme les agendas papier.
La rentrée scolaire de cette année est marquée par une forte volonté de lutter contre l’addiction numérique. Édouard Geffray a souligné l’urgence sanitaire que représente cette problématique. Néanmoins, la réalité dans les écoles est souvent différente. Les plateformes numériques sont devenues essentielles pour les devoirs et la communication des notes, créant ainsi une dépendance chez certains élèves.
Sophie, une mère d’élève, témoigne de cette situation. Bien qu’elle ait choisi de ne pas donner de smartphone à sa fille de 17 ans, elle a été choquée de constater qu’une professeure demandait aux élèves de sortir leur téléphone pour une évaluation. Après avoir exprimé son mécontentement par écrit, elle a obtenu une alternative papier, mais cela soulève des questions sur l’usage des technologies dans l’éducation.
Isabelle Curien Barrès, cofondatrice de l’association Présent Simple, partage également ses préoccupations. Elle encourage les parents à ne pas utiliser Pronote, soulignant qu’il est possible de refuser l’activation des codes d’accès. Pour elle, l’impact de cette application sur la dynamique familiale est préoccupant : « Pronote pourrit les ambiances familiales », déclare-t-elle.
Dans certains établissements, comme dans le 14ᵉ arrondissement de Paris, des collèges ont pris la décision de supprimer l’accès à Pronote pour les élèves. Cela a permis de revenir aux méthodes d’apprentissage traditionnelles, comme l’utilisation des agendas en papier. Clémence Habbaba, professeure d’histoire-géographie, note que cela a eu un impact positif sur le bien-être des élèves. En supprimant Pronote, les enseignants ont constaté une diminution des sanctions liées au cyberharcèlement et une meilleure gestion des comportements en classe.
Les parents, souvent démunis face aux addictions numériques de leurs enfants, trouvent un soulagement dans ces nouvelles pratiques. Sébastien Blondot, principal du collège Alphonse Daudet, affirme qu’en l’absence de Pronote, les conseils de discipline ont quasiment disparu. « C’est un gros changement », précise-t-il, ajoutant que certains parents sont même soulagés de laisser l’établissement gérer le problème de la dépendance numérique.
Ce retour à des méthodes plus traditionnelles soulève des interrogations sur l’avenir de l’éducation numérique. Les parents et enseignants qui résistent à l’usage excessif des écrans espèrent créer un environnement d’apprentissage plus sain pour les élèves. Alors que le numérique occupe une place prépondérante dans les écoles, ces voix dissidentes rappellent l’importance de trouver un équilibre entre technologie et éducation.
À l’heure où la technologie semble inéluctable, les réflexions de ces parents et enseignants offrent une perspective essentielle sur le rôle que doit jouer le numérique dans l’éducation des jeunes générations. La question demeure : comment concilier les avantages de la technologie avec les besoins de bien-être et de concentration des élèves ?