Les idées reçues sur le VIH : éclairages d’un infectiologue sur les vraies et fausses croyances

Les idées reçues concernant le VIH persistent dans l’esprit de nombreux Français, malgré des efforts d’information. Une étude récente révèle que 75 % des individus se sentent bien informés sur le sujet, mais des croyances erronées demeurent. Le Pr Jade Ghosn, infectiologue et chef de service au CeGIDD de l’hôpital Bichat-Claude Bernard à Paris, partage son expertise pour démêler le vrai du faux sur ce virus encore très mal compris.

EN BREF

  • 19 % des jeunes de 18-35 ans croient à la transmission du VIH par la salive.
  • La PrEP, traitement préventif, est encore largement méconnue.
  • Les vaccins contre le VIH sont en recherche, mais aucun n’est concluant pour l’instant.

Malgré une perception générale de bonne information sur le VIH, le Pr Ghosn souligne des idées fausses qui continuent de circuler. Par exemple, 19 % des jeunes adultes pensent que le virus peut se transmettre par la salive, une croyance qui n’a aucun fondement scientifique.

Le Pr Ghosn explique que toutes les combinaisons thérapeutiques validées permettent de rendre la charge virale indétectable. Cela signifie que, bien que le virus soit toujours présent dans le corps, il ne circule plus dans le sang. Pour illustrer ce concept, il compare la situation à une marmite couverte : le contenu est là, mais rien ne peut s’échapper. Une fois le traitement interrompu, le virus peut à nouveau circuler, soulignant l’importance de la continuité du traitement.

En ce qui concerne les modes de transmission, l’infectiologue déclare : « Le moustique n’est pas un hôte du virus, celui-ci ne peut pas survivre ». Le VIH se transmet essentiellement par les fluides corporels lors de relations sexuelles, par le sang, ou de la mère à l’enfant durant la grossesse ou l’allaitement. Les croyances selon lesquelles le virus pourrait se transmettre par des actes anodins comme un rapport sexuel protégé sont également fausses. À ce propos, le Pr Ghosn précise que le préservatif reste un moyen très efficace pour prévenir les infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH.

Il est également important de noter l’existence d’un traitement préventif connu sous le nom de PrEP (prophylaxie pré-exposition). Ce traitement, encore mal connu du grand public, est très efficace pour prévenir l’infection par le VIH. Le principe est similaire à celui d’un traitement contre le paludisme : il doit être commencé avant une exposition potentielle au virus et se poursuivre pendant et après l’exposition.

Quant à la recherche d’un vaccin contre le VIH, le Pr Ghosn rappelle que plusieurs études ont été menées, mais aucune n’a abouti à des résultats concluants jusqu’à présent. Les défis sont nombreux, notamment le fait que le virus se cache dans nos cellules immunitaires, rendant difficile sa détection par le système immunitaire. De plus, le VIH est un virus qui mute rapidement, compliquant encore davantage le développement d’un vaccin efficace.

Cette situation met en lumière la nécessité d’améliorer l’information et la sensibilisation autour du VIH. Pour contrer les idées reçues, il est crucial d’encourager la discussion ouverte sur le sujet et de promouvoir une meilleure compréhension des modes de transmission et des traitements disponibles. La lutte contre le VIH ne se limite pas seulement à la recherche de solutions médicales mais nécessite également un changement dans les perceptions et les croyances de la population.

Avec des progrès constants dans le traitement et la prévention, il est essentiel de continuer à éduquer le public pour réduire la stigmatisation entourant cette maladie et garantir que chacun dispose des informations nécessaires pour protéger sa santé.