Rentrée scolaire : le président du SNALC dénonce une école en déclin

Alors que la rentrée scolaire s’installe ce lundi 31 août dans de nombreux établissements, les enseignants font face à une vague d’inquiétude. Selon les résultats du baromètre SE-UNSA 2026, dévoilé par RMC, 76 % du personnel éducatif exprime des craintes pour l’avenir du système éducatif. De plus, 71 % des enseignants ne se sentent ni respectés ni reconnus dans leur profession.

EN BREF

  • 76 % des enseignants inquiets pour l’avenir de l’éducation
  • Jean-Rémi Girard dénonce la dégradation des conditions de travail
  • Les promesses politiques peinent à convaincre le corps enseignant

Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC), a partagé ses préoccupations sur l’état du système éducatif. Invité dans l’émission d’Anaïs Matin, il a déclaré : « L’année, elle va être compliquée, puisqu’elles le sont toutes maintenant, depuis pas mal de temps. Il y a beaucoup d’abattement chez les personnels de l’Éducation nationale. » Ses mots résonnent comme une alerte face à un système en pleine crise.

Le constat est amer : « L’école s’effondre et on regarde ailleurs », a-t-il soufflé, soulignant une dégradation palpable non seulement des rémunérations, mais aussi des conditions de travail et de l’image de la profession. Les enseignants se sentent de plus en plus isolés et dévalorisés dans une société qui semble tourner le dos à leurs préoccupations.

Concernant les salaires, une étude de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), publiée le 20 août, indique que le salaire moyen des enseignants s’élève à 3.090 euros nets par mois pour 2023, soit une hausse de 4,3 % par rapport à l’année précédente. À première vue, cette augmentation pourrait sembler encourageante. Cependant, Jean-Rémi Girard a critiqué ce chiffre, qui selon lui, ne prend pas en compte la réalité du terrain.

Il a expliqué que ce montant inclut diverses variables, telles que les heures supplémentaires et les missions complémentaires, ce qui le rend peu représentatif de la situation réelle des enseignants. « On a mélangé tout le monde », a-t-il affirmé, en insistant sur le fait que les professeurs contractuels, les moins bien payés, sont souvent oubliés dans ces statistiques.

Le président du SNALC a également souligné que les enseignants subissent de plein fouet les effets de l’inflation, gagnant environ « 900 euros par mois de moins que les autres agents de la fonction publique de même niveau ». Ces chiffres révèlent une précarité latente qui pourrait avoir des conséquences sur la qualité de l’éducation.

À l’approche des élections présidentielles, les promesses de revalorisation des salaires enseignants commencent à émerger. Édouard Philippe, par exemple, envisage une augmentation de 20 % de la rémunération moyenne en cas de victoire. Pourtant, Jean-Rémi Girard semble sceptique face à ces engagements. « C’est tout le temps la même idée : il faut revaloriser les profs. Mais au moment où il faut le faire, on nous dit : ‘Le budget, vous comprenez, la France, il faut faire des choix' », a-t-il déploré.

Les discours politiques, bien que prometteurs, peinent à convaincre un corps enseignant qui a déjà entendu ces promesses par le passé, en 2017 et 2022. À l’aube de cette nouvelle année scolaire, l’inquiétude et la frustration des enseignants se font ressentir, laissant présager une rentrée sous tension.